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Bulletin Quotidien Europe N° 13518
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Invasion Russe de l'Ukraine / Économie

L'institut suédois SITE pointe les déséquilibres et les dépendances de l'économie de guerre russe

Commandité par le ministère suédois des Finances, un rapport de l'Institut de la transition économique de Stockholm (SITE) analyse la situation de l'économie russe à la lumière des sanctions imposées par les pays occidentaux à la Russie depuis son agression militaire de l'Ukraine. Qu'il s'agisse de la croissance du PIB russe ou du niveau d'inflation, il existe des raisons valables, selon lui, de remettre en question les estimations officielles russes.

Le rapport de SITE montre à quel point l'économie de la Russie demeure dépendante des revenus tirés de ses exportations de pétrole alors que le Kremlin a déployé une 'flotte fantôme' pour contourner le plafond sur les prix du pétrole imposé par les pays du G7 fin 2022. Il a noté que toute mesure visant à limiter les importations de pétrole russe aura un impact fort sur les finances publiques du pays et sur l'économie russe.

Les experts suédois font également état de « déséquilibres croissants » dans l'économie russe, « avec un mélange de plus en plus incohérent de mesures de relance budgétaire et de resserrement monétaire ».

En outre, « les réserves qui ont contribué au financement des dépenses de guerre ne seront pas éternelles et pourraient s'épuiser d'ici un an », ajoutent-ils. Une telle situation augmentera la pression sur la Banque de Russie pour qu'elle assouplisse son taux directeur et, à un moment donné, finance le budget national en imprimant massivement des roubles, avec des conséquences sur l'inflation et le taux de change.

Toutefois, l'institut suédois juge « peu probable à court terme » une crise économique de grande ampleur, même si l'accumulation de déséquilibres macroéconomiques, combinée avec des perspectives de croissance peu encourageantes, contribue à accroître le risque d'une crise à plus long terme.

« L'économie russe n'est pas aussi forte que le prétend (Vladimir) Poutine », a estimé la ministre suédoise des Finances, Elisabeth Svantesson, qui a présenté ce rapport à ses homologues mardi 5 novembre à Bruxelles. « Il est très clair que l'économie russe est affectée par les sanctions » des pays occidentaux, a-t-elle ajouté, notant que le taux d'intérêt de la Banque de Russie a été fixé à « 21% ». Selon elle, la Russie ment sur le niveau d'inflation et « la fuite des capitaux est énorme », encore plus aujourd'hui qu'avant la guerre en Ukraine.

Au nom de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis a noté que l'économie russe est « largement tributaire » des dépenses militaires et que « les réserves de la banque centrale s'amenuisent rapidement ». Il a constaté « des difficultés dans le secteur manufacturier, à la fois en termes d'accès aux systèmes de paiement et de perturbation de la chaîne d'approvisionnement ». Et d'estimer qu'en conclusion, les sanctions contre la Russie fonctionnent, qu'il faut continuer à les appliquer, tout en luttant contre leur contournement.

Voir le rapport de l'Institut SITE : https://aeur.eu/f/e73 (Mathieu Bion)

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