Dans un document préparatoire à l’audition au Parlement européen du commissaire désigné à l’Énergie, qu’Agence Europe s’est procuré (EUROPE 13506/12), les services de la Commission européenne répondent aux questions des députés au sujet de l’avenir des politiques énergétiques de l’UE.
Le commissaire désigné Dan Jørgensen exposera ainsi, le 5 novembre prochain, la vision de la Commission européenne pour faire bénéficier les citoyens et les entreprises des avantages de la transition énergétique et de prix de l’énergie abordables, tout en assurant la compétitivité de l'Union.
Il défendra également, entre autres, les priorités concernant la sécurité d'approvisionnement, la diplomatie énergétique ou encore le rôle de l'hydrogène et de l'énergie nucléaire.
Nucléaire. En tant que ministre au Danemark, M. Jørgensen est connu pour ses prises de position antinucléaires. Il devra ainsi convaincre les parlementaires qu’il croit au principe de neutralité technologique.
« Le traité donne à chaque État membre le droit de choisir son propre bouquet énergétique. Ce droit doit être respecté par les institutions et par tous les États membres de l'UE », indique le document.
Si aucun plan spécifique pour le nucléaire ('Nuclear Act') - comme initialement avancé par l’ancien commissaire au Marché intérieur, Thierry Breton - n’est actuellement prévu par la Commission, M. Jørgensen devrait toutefois exprimer explicitement sa volonté d’« intégrer le rôle du nucléaire dans la politique énergétique de l'UE ».
Prix de l'énergie. « Des prix abordables pour l'énergie et une transition juste seront mes principales priorités », devrait également affirmer M. Jørgensen, tout en rappelant sa volonté de s’appuyer sur les piliers du 'Pacte vert' pour stimuler la compétitivité européenne.
Tel qu’annoncé dans sa lettre de mission (EUROPE 13485/10), le commissaire désigné devra présenter un plan d’action spécifiquement dédié aux 'prix abordables de l’énergie', ainsi qu'un plan d'action pour l'électrification.
Sur la question des investissements publics, M. Jørgensen reçoit la consigne de la Commission de ne prendre aucun engagement, lors de l’audition parlementaire, au sujet du budget alloué à la transition énergétique dans le cadre du prochain cadre financier pluriannuel (CFP).
Sortie des énergies fossiles. Ensuite, M. Jørgensen s’engagera à poursuivre le travail pour assurer un abandon définitif des subsides aux énergies fossiles et affirmera qu’en dehors de la finalisation des projets en cours, le soutien financier du budget de l'UE aux infrastructures gazières « ne peut plus être justifié ».
Concernant la poursuite de la stratégie REPowerEU, le commissaire désigné devrait présenter une feuille de route au premier trimestre 2025 pour une sortie définitive des importations énergétiques de Russie (EUROPE 13506/12).
Partenariats internationaux. Plusieurs questions s’attardent ensuite sur la diplomatie énergétique et les partenariats avec des pays tiers pour assurer la sécurité d’approvisionnement de l’Union. M. Jørgensen indiquera, entre autres, sa volonté de continuer à importer du GNL américain, « mais à des volumes moindres à l'avenir ».
Il évoquera également les relations avec des pays comme l’Azerbaïdjan, les pays du Golfe (EUROPE 13505/1) ou la Turquie.
Hydrogène. Concernant l’hydrogène, M. Jørgensen s’engagera à finaliser l’acte délégué sur l’hydrogène bas carbone et à mettre en place une stratégie de l'Union pour l'hydrogène importé et produit dans l'UE, comme l'exige la directive sur les énergies renouvelables.
Le document ne mentionne toutefois pas d'ouverture possible de la Banque européenne de l’hydrogène à l’hydrogène bas carbone (EUROPE 13504/11), contrairement aux documents de réponse du commissaire désigné au Climat, Wopke Hoekstra (voir autre nouvelle).
Le document : https://aeur.eu/f/dxr (Pauline Denys)