Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a annoncé, vendredi 18 octobre, que les ministres de la Défense des pays alliés étaient convenus d’une nouvelle initiative sur la normalisation.
« Dans le cadre de cette initiative, nous accélérerons l’élaboration des normes de l’OTAN, améliorerons leur taux de mise en œuvre et étendrons leur champ d’application pour inclure de nouvelles capacités militaires innovantes », a-t-il expliqué à l’issue d’une réunion de deux jours à Bruxelles. Selon M. Rutte, il faut tirer le meilleur parti de la « capacité unique » des Alliés à agir ensemble, « car c’est ce qui donne à notre Alliance sa force au-delà de la somme de ses parties ». Les ministres rediscuteront du sujet lors de leur prochaine réunion, en février.
Plus largement, le secrétaire général a rappelé que le renforcement de la dissuasion et de la défense des Alliés était la « priorité absolue » de l’OTAN. « Les chaînes d’approvisionnement étant de plus en plus vulnérables aux compromis, nous devons devenir plus autonomes afin de rester prêts et capables de répondre aux menaces dans tous les domaines, à tout moment », a-t-il souligné.
Selon M. Rutte, les Alliés sont aussi convenus du fait que la défense aérienne et antimissile restait une priorité. « Cela est d’autant plus important, compte tenu de la guerre de la Russie contre l’Ukraine, qui a donné lieu à de multiples violations de l’espace aérien de l’OTAN », a-t-il expliqué, rappelant que la dernière violation datait de la veille, sur la Roumanie. « Nous continuerons d’accroître la surveillance, d’échanger des informations et de coordonner les réponses individuelles et collectives », a-t-il promis, ajoutant que les Alliés prévoyaient d’acquérir des milliers de systèmes de défense aérienne et d’artillerie et plusieurs centaines d’avions de combat modernes, principalement des F-35 de 5e génération.
« Dans un monde plus incertain, il est essentiel que nous continuions à moderniser nos capacités et à nous entraîner ensemble pour maintenir la force de nos forces conventionnelles et nucléaires », a souligné M. Rutte, alors que les Alliés ont commencé, le 14 octobre, l’exercice nucléaire annuel de l’OTAN 'Steadfast Noon', avec plus de 60 avions participant à des vols d’entraînement.
Jeudi, l’Alliance avait lancé cinq initiatives en lien avec les domaines les plus critiques de la dissuasion et de la défense, qui impliqueront au total 26 Alliés. Il s’agit d’accélérer la livraison de systèmes d’aéronefs télépilotés de nouvelle génération, d’accroître l’interchangeabilité et l’interopérabilité des principales munitions d’artillerie alliées et d’établir un réseau d'opportunités de formation multinationales avancées et immersives pour les militaires (Distributed Synthetic Training Environment).
Les deux derniers projets portent sur la fourniture de technologies spatiales par les Alliés : l’un permettra d’étudier le développement d’une capacité multinationale de communications par satellite dans l’Arctique « sûre, résiliente et fiable » (NORTHLINK), et l’autre les moyens de renforcer l'accès de l'OTAN à l'espace et l'utilisation de celui-ci par l'Organisation pour faire face à une série de défis liés à la conduite d'opérations depuis l'espace (STARLIFT).
Soutien à l’Ukraine. Le secrétaire général est également revenu sur le soutien de l’Alliance à l’Ukraine, après avoir rencontré, la veille, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, à l’occasion d’un Conseil OTAN-Ukraine (EUROPE 13506/3).
Interrogé sur les réactions des Alliés au plan de victoire de M. Zelesnky, dont le premier axe est une invitation d'adhésion de l’OTAN à son pays, M. Rutte a expliqué que les Alliés en avaient pris « respectueusement note ». Selon lui, le fait que le gouvernement et le président ukrainiens se soient alignés sur ce plan de victoire est « un signal important ».
« Le principal objectif de la discussion (du Conseil) était d'apporter une aide militaire massive à l'Ukraine », a expliqué le secrétaire général. Avant de rappeler : « Évidemment, nous savons tous que l'Ukraine deviendra membre de l'OTAN, donc la question est de savoir exactement quand et quand l'invitation aura lieu ».
Coopération avec la région indopacifique. La veille, les Alliés s’étaient aussi entretenus avec leurs partenaires de la région indopacifique (Australie, Nouvelle-Zélande, Corée du Sud et Japon), pour discuter de leurs efforts conjoints dans le soutien à l’Ukraine, la production industrielle et l’innovation en matière de défense, la cyberdéfense, la lutte contre la désinformation ou encore les nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle.
« Notre monde est étroitement lié, tout comme notre sécurité. (…) Nous devons travailler avec nos partenaires partageant les mêmes idées pour relever nos défis communs et défendre nos valeurs communes », avait précisé M. Rutte, jeudi. (Camille-Cerise Gessant)