Un tribunal italien a invalidé, vendredi 18 octobre, la rétention dans des centres albanais des 12 premiers demandeurs d'asile que Rome y a transférés cette semaine, a rapporté l’AFP, alors que la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a indiqué le 16 octobre que la Commission étudierait les résultats de cette expérimentation pour alimenter les éventuelles nouvelles pistes législatives sur les retours de migrants irréguliers.
Le tribunal a notamment invoqué un récent arrêt de la Cour européenne de justice sur les pays de provenance considérés « sûrs » par les pays d'accueil, en vertu duquel les 12 migrants concernés, originaires du Bangladesh et d'Égypte, ne remplissent pas les critères de rétention prévus par l'accord entre Rome et Tirana (EUROPE 13497/16), ajoute l’AFP.
Selon cet arrêt, un pays tiers considéré comme sûr doit l'être dans l’intégralité de son territoire. Le gouvernement de Giorgia Meloni a signé avec Tirana, fin 2023, un accord prévoyant la création de deux centres en Albanie, d'où les migrants secourus en Méditerranée pourront introduire une demande d'asile.
Le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, avait exprimé ses doutes au Financial Times, le 17 octobre, sur la faisabilité de ce modèle italo-albanais et de son extension possible au niveau européen. « Ces personnes sont traitées conformément à la législation italienne en matière d'asile et, quoi qu'il advienne d'elles, elles seront, d'une manière ou d'une autre, renvoyées en Italie. Si nous devions le faire au niveau européen, où iraient-elles ? », s'était-il demandé. (Solenn Paulic)