La réunion des ministres du Commerce des pays de l'Union européenne à Budapest, vendredi 18 octobre, a enregistré de maigres succès : seuls deux ministres ont fait le déplacement, la Française Sophie Primas et le Luxembourgeois Xavier Bettel. Comme convenu plusieurs mois plus tôt, la Commission européenne n'a pas non plus envoyé son commissaire européen, Valdis Dombrovskis, à l'évènement. Le ministre hongrois des Affaires étrangères et du Commerce, Péter Szijjártó, n'a pas tenu de conférence de presse à l'issue de la réunion, comme il est de coutume.
Les représentants des États membres se sont penchés sur la politique européenne à l'égard des investissements, sur les relations UE/ASEAN et sur les relations avec la Chine.
C'est sur ce dernier point que les discussions étaient les plus sensibles au vu des tensions commerciales actuelles. Malgré tout, les États membres se rejoignent sur la nécessité pour la Commission de continuer les négociations avec Pékin afin de trouver une solution alternative aux tarifs sur les véhicules électriques chinois, a indiqué une source à Agence Europe (EUROPE 13497/1).
« Selon les derniers chiffres, l'année dernière, le commerce entre l'UE et la Chine a atteint 740 milliards d'euros. Je vous invite donc à discuter de l'impact qu'une telle décision pourrait avoir sur notre relation très large », a insisté Péter Szijjártó en ouverture du débat.
S'il n'est pas le seul ministre dont le pays est réticent à l'idée d'imposer des tarifs, l'approche de la Commission, qui insiste sur le sérieux et la précision de son enquête, semble malgré tout convaincre la plupart des pays membres. Le fait que les discussions se poursuivront après l'imposition des taxes d'ici le 30 octobre semble rassurer les Vingt-sept, qui craignent une escalade des tensions.
Les tarifs chinois sur des produits agricoles européens tels que les spiritueux, la viande porcine et les produits laitiers ont été mentionnés par plusieurs délégations. Celles-ci ont toutefois indiqué accorder leur confiance à la Commission pour négocier une solution, qu'il s'agisse d'une alternative totale aux tarifs ou d'accords de prix avec certaines entreprises chinoises. (Léa Marchal)