Le ministre italien de l’Agriculture, Francesco Lollobrigida, a demandé en vain, lundi 23 septembre, que la Commission européenne ajoute le riz importé de certains pays d’Asie du Sud-Est parmi les produits concernés par des clauses de sauvegarde automatiques.
« Au cours de la dernière année de commercialisation, 450 000 tonnes de riz blanchi ont été importées à droits nuls du Cambodge et de la Birmanie », s’est inquiété le ministre italien lors du Conseil 'Agriculture'.
Dans une note (https://aeur.eu/f/dk7 ) soutenue par cinq autres États (la Bulgarie, la Grèce, le Portugal, la Roumanie et l'Espagne), l’Italie est d’avis que « cette situation ne sera pas viable dans un avenir proche en raison de l’augmentation de la production européenne de riz ». La France a soutenu la requête italienne, tandis que l’Allemagne et le Danemark s’y sont opposés.
Le Cambodge et la Birmanie bénéficient du système des préférences généralisées (SPG), qui prévoit, pour des pays dits moins avancés, un régime spécial d’importation sans droits de douane.
L’Italie a réclamé une modification du règlement, récemment prolongé jusqu’en 2027 (EUROPE 12944/25), afin d’inclure le riz dans les produits concernés par des clauses de sauvegarde automatiques, ce qui permettrait d’abolir cette préférence d’importation lorsqu’un certain seuil (en volume) serait dépassé.
L'Italie rappelle que la mesure de sauvegarde générale (article 22 du règlement SPG) a déjà été adoptée dans le passé, mais elle n'est pas suffisante aux yeux de Rome (EUROPE 13369/38).
« La Commission ne peut accepter les sauvegardes automatiques sur le riz importé des pays les moins avancés. Le fait d'isoler un produit spécifique est contraire à la nature non discriminatoire du règlement SPG, dans lequel l'accès au marché de l'UE pour les économies vulnérables est ouvert et généralisé. Cela créerait également de facto des mesures ciblant des bénéficiaires spécifiques du SPG », a rétorqué le commissaire européen à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski.
Un processus automatique (y compris des seuils) n'est pas acceptable pour la Commission, car il aurait « des conséquences considérables à la fois pour le commerce et le développement ». Le commissaire a néanmoins assuré que la Commission considère le riz comme un produit sensible dans toutes les négociations commerciales et n’accorde donc que des concessions limitées. (Lionel Changeur)