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Bulletin Quotidien Europe N° 13448
SÉCURITÉ - DÉFENSE / Otan

Les Alliés se pencheront sur leur protection, le soutien à l'Ukraine et le renforcement de leurs partenariats lors de leur sommet de Washington

Les dirigeants des 32 pays membres de l’Alliance atlantique se retrouvent, à partir de mardi 9 juillet à Washington DC, pour trois jours de sommet, le premier pour la Suède, le dernier pour le secrétaire général, Jens Stoltenberg.

Après la célébration du 75e anniversaire de l’Alliance, mardi 9, les dirigeants discuteront, mercredi 10 et jeudi 11, du soutien de l’Alliance à l’Ukraine sur le long terme, du renforcement de leur défense collective et de l’approfondissement des partenariats, y compris avec l’UE.

Soutien à l'Ukraine

« Notre tâche la plus urgente au Sommet sera de soutenir l’Ukraine. L’Ukraine doit l’emporter et elle a besoin de notre soutien continu », a prévenu le secrétaire général vendredi 5 juillet. Une réunion du Conseil OTAN-Ukraine est prévue pour vendredi, en présence du président ukrainien, Volodymyr Zelensky.

Selon M. Stoltenberg, les dirigeants devraient se mettre d’accord sur un « ensemble de mesures substantielles ». Il a plaidé pour un soutien militaire immédiat à l’Ukraine, y compris en termes de systèmes de défense aérienne et de munitions, alors que les attaques russes se poursuivent.

L'Ambassadeur Michael Carpenter, directeur principal pour l'Europe au Conseil de sécurité nationale des États-Unis, a expliqué, lundi 8 juillet, que les États-Unis feraient des annonces, dans la semaine, afin de renforcer la défense aérienne de l'Ukraine, sans donner plus de détails. 

Les Alliés devraient également donner leur accord pour ‘l’Assistance et la formation en matière de sécurité de l'OTAN pour l'Ukraine' (NATO Security Assistance and Training for Ukraine). Cette union va reprendre à son compte la fonction de coordination de l'assistance à l'Ukraine, qui est actuellement réalisée par le groupe de contact sur la défense de l'Ukraine (Ramstein), qui est sous la présidence du secrétaire d'État à la Défense américain. Cette ‘union’ - certains Alliés ne souhaitant pas employer le terme 'mission' - va prendre en charge la coordination et la fourniture de la majeure partie de l’assistance internationale en matière de sécurité, « avec un commandement dirigé par un général trois étoiles, environ 700 personnes travaillant dans un quartier général de l'OTAN en Allemagne (à Wiesbaden, NDLR), et aux nœuds logistiques de la partie orientale de l’Alliance », a précisé le secrétaire général.

Les Alliés devraient aussi se mettre d’accord sur un engagement financier. Si le secrétaire général avait initialement parlé de 100 milliards d’euros sans en préciser la durée, l'engagement sera de 40 milliards d’euros pour 2025. « Depuis l’invasion à grande échelle de la Russie, les Alliés ont fourni environ 40 milliards d’euros d’aide militaire chaque année. Les Alliés conviennent qu’il s’agit d’une base minimale. J'espère que les Alliés décideront lors du Sommet de maintenir ce niveau au cours de l'année prochaine », a expliqué M. Stoltenberg. Il a souhaité que le partage de la charge se fasse « équitablement » entre les Alliés en fonction de leur PIB.

Selon le secrétaire général, un tel engagement, prévisible, permettrait de renforcer le soutien à l’Ukraine, qui dépend « d'annonces beaucoup plus ponctuelles et à court terme, où il y a souvent un problème de transparence et de responsabilité », de respect des engagements pris.

M. Stoltenberg a d'ores et déjà annoncé que le niveau de soutien serait revu lors du prochain sommet de l’Alliance, prévu du 24 au 26 juin 2025 à La Haye, aux Pays-Bas, pays de son successeur, l'ancien premier ministre néerlandais, Mark Rutte (EUROPE 13440/13).

Si certains pays dépensent plus pour l’Ukraine sur la base de la clé PIB que ce que représenterait leur contribution aux 40 milliards, une source de l’Élysée a précisé qu’il y avait « eu pas mal de réticences de certains pays », car certains ont donné un montant « très en deçà » de ce qui devrait leur échoir au titre de la clé PIB, notamment la Turquie. La Hongrie, quant à elle, a obtenu un accord avec le secrétaire général pour ne participer ni au soutien militaire ni financier de l’Alliance à l’Ukraine, en échange de ne pas bloquer les décisions des 31 autres Alliés (EUROPE 13430/16).

Le secrétaire général a également souhaité la signature de nouveaux accords de sécurité bilatéraux avec l’Ukraine. De nombreux Alliés ont déjà signé de tels accords. Au moins 18 Alliés auraient signé un accord de sécurité bilatéral avec l’Ukraine, tout comme l’UE (EUROPE 13441/2), dont font partie 23 Alliés.

Enfin, M. Stoltenberg a annoncé que les Alliés devraient pousser pour une interopérabilité militaire approfondie entre l’OTAN et l’Ukraine. « Nous accepterons de travailler plus étroitement avec les forces armées ukrainiennes, y compris dans un nouveau centre conjoint d’analyse, de formation et d’éducation OTAN-Ukraine en Pologne », a-t-il précisé, ajoutant que les Alliés travailleront pour développer l’industrie de la défense ukrainienne et approfondir la coopération en matière d’innovation.

Bien que « tout le travail que nous accomplissons ensemble rende l’Ukraine plus forte, plus interopérable et mieux préparée que jamais à rejoindre notre Alliance », aucune invitation officielle ne sera toutefois envoyée à Kiev pour devenir le 33e membre de l’Alliance. Selon M. Carpenter, dans leur déclaration, les Alliés devraient rappeler leur soutien aux efforts de l'Ukraine sur sa voie de l'adhésion.

Le sujet de la trajectoire de l'Ukraine vers l'Alliance reste toujours un point délicat, comme il l'était au sommet de Vilnius l’an dernier, a reconnu une source de l’Élysée. Les États-Unis et l’Allemagne ne veulent pas aller trop vite concernant une invitation. Selon cette source, « le point d'équilibre qui est en train d'être trouvé est que chacun a reconnu déjà dans les documents précédents que l'avenir de l'Ukraine était à l'intérieur de l'OTAN. (...) L'idée est de montrer que cette trajectoire, d'une certaine manière, est irréversible. On va plus loin que ce qui avait été décidé à Vilnius » (EUROPE 13220/1). La notion d’irréversibilité du processus est importante pour Kiev.

Dissuasion et défense

Les dirigeants des pays alliés se pencheront, en outre, sur la dissuasion et la défense, pour renforcer la protection de leurs États. Ils devraient discuter du flanc est de l’Alliance, mais également du flanc sud (EUROPE 13406/12), et se pencher sur les avancées des mesures décidées lors des précédents sommets, y compris des nouveaux plans de défense.

Alors que l’OTAN s’était engagée à disposer de 300 000 soldats à un niveau de préparation élevé ainsi que d'une puissance aérienne et navale substantielle, le secrétaire général s’est réjoui que l’Alliance dispose de « 500 000 soldats en état de préparation élevé, de groupements tactiques prêts au combat dans la partie orientale de l’Alliance pour la première fois et de capacités plus haut de gamme, notamment des avions de cinquième génération ».

Les dirigeants devraient souscrire à un engagement visant à renforcer la coopération industrielle transatlantique en matière de défense, afin de stimuler la production, et renforcer les défenses antimissiles balistiques, avec une nouvelle base Aegis Ashore en Pologne.

Comme à chaque sommet, le montant des dépenses de défense sera abordé. « 23 Alliés, un nombre record, investissent désormais au moins 2% de leur PIB dans la défense », s’est félicité M. Stoltenberg (EUROPE 13434/21). Après avoir décidé, en 2014, que l’objectif était d’atteindre 2%, l’an dernier, les Alliés se sont mis d’accord sur le fait que 2% étaient un minimum à atteindre. Si certains Alliés plaident pour un pourcentage plus important - les présidents polonais et estonien ont notamment demandé 3% -, une source de l’Élysée a précisé que la priorité était que tous les Alliés atteignent le seuil minimal de 2%.

Coopération internationale

Enfin, les Alliés rencontreront leurs partenaires mondiaux, de la région indopacifique et de l’UE, notamment le président du Conseil européen, Charles Michel, jeudi 11 au matin.

« Plus les acteurs autoritaires s’alignent, plus il est important que nous travaillions en étroite collaboration avec nos amis de l’Indo-Pacifique comme l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la Corée du Sud », a estimé M. Stoltenberg.

« Il ne s'agit pas de donner l'impression qu'on aurait une OTAN qui deviendrait une alliance de sécurité en Asie ou d'avoir une sorte d'affrontement de bloc à bloc avec la Chine et son environnement. (…) En revanche, ça fait plusieurs années maintenant que l'Alliance évalue l'impact de l'émergence de la Chine pour la sécurité euro-atlantique », a précisé une source élyséenne, alors que la relation avec ces pays est particulièrement importante pour les États-Unis, hôtes du sommet, dans le contexte des défis posés par la Chine.

Le secrétaire général a annoncé que l’OTAN renforcerait sa coopération pratique avec ces pays avec des projets phares sur l’Ukraine, la cybersécurité et les nouvelles technologies, et discuterait de la manière de travailler plus étroitement sur la production industrielle de défense. (Camille-Cerise Gessant)

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