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Bulletin Quotidien Europe N° 13448
INSTITUTIONNEL / Conseil de l'ue

Après la 'mission pour la paix' de Viktor Orbán, les États membres devraient discuter du rôle de la Présidence du Conseil de l'UE

Les ambassadeurs des États membres auprès de l'Union européenne (Coreper) devraient discuter, mercredi 10 juillet, du rôle de la présidence semestrielle du Conseil de l'UE, après que des initiatives prises par le gouvernement hongrois dans le domaine des affaires étrangères ont heurté plusieurs délégations nationales.

Traditionnellement, un pays assumant la présidence du Conseil présente ses priorités politiques au début du semestre dans les différentes formations du Conseil. Cette fois, à la demande d'une délégation, la Présidence hongroise devrait exposer les motifs qui ont sous-tendu l'initiative du Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, qui s'est rendu lors de la première semaine de la Présidence hongroise à Kiev, Moscou et Pékin, dans le cadre de ce qu'il décrit comme une « mission pour la paix » (EUROPE 13447/1).

Le président du Conseil européen, Charles Michel, et le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, ont été prompts à souligner que M. Orbán ne disposait d'aucun mandat de l'UE et ne représentait que son pays dans les discussions menées avec les dirigeants ukrainien, russe et chinois. Du côté européen, on critique aussi l'absence de concertation préalable avec les partenaires européens et les Alliés. Et on fait remarquer que le Conseil européen, y compris donc la Hongrie, souscrit officiellement à la recherche d'une paix basée sur les principes du droit international et de la formule de paix de l'Ukraine.

Les autorités hongroises ne contestent pas l'absence de mandat de l'UE, mais soulignent que la recherche d'une issue à l'agression militaire russe de l'Ukraine nécessite de prendre des initiatives politiques, quitte à contredire, selon M. Orbán, « l'absurdité bureaucratique bruxelloise ». Cette approche a été saluée le week-end dernier par le Premier ministre slovaque, Robert Fico.

Certains États membres sont néanmoins d'avis que la Hongrie brouille les cartes en apposant le logo de la Présidence hongroise du Conseil de l'UE sur les vidéos qui documentent la 'mission pour la paix' de M. Orbán. Sur l'une d'entre elles, ce dernier salue la position de la Chine, qui serait « la seule puissance engagée en faveur de la paix » depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine.

Lundi, trois jours après le déplacement de M. Orbán à Moscou, la Russie a bombardé le plus grand hôpital pour enfants de Kiev, une attaque qui a fait 33 morts et 137 blessés. M. Borrell a redemandé la fourniture à l'Ukraine de systèmes de défense aérienne et que les Russes responsables de crimes de guerre soient tenus responsables de leurs actes. (Mathieu Bion)

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