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Bulletin Quotidien Europe N° 13447
PRÉSIDENCE HONGROISE DU CONSEIL DE L'UE / Ukraine/russie

Le déplacement à Moscou de Viktor Orbán suscite l'incompréhension des Européens et des Alliés

Le déplacement de Viktor Orbán à Moscou, où il a rencontré le président russe, Vladimir Poutine, a suscité l'incompréhension, vendredi 5 juillet, des partenaires de l'Union européenne et de l'OTAN à l'égard de la Hongrie, ces derniers considérant que le Premier ministre hongrois n'avait reçu aucun mandat pour prendre une telle initiative.

Depuis Moscou, M. Orbán, cité par l'AFP, a constaté que les positions entre l'Ukraine et la Russie demeuraient « très éloignées ». « Mais, pour le rétablissement du dialogue, le premier pas important a été fait aujourd'hui et je poursuivrai ce travail », a-t-il indiqué. M. Poutine a demandé à l'Ukraine de retirer ses troupes des territoires ukrainiens annexés par l'armée russe.

Après la mise en garde du président du Conseil européen, Charles Michel (EUROPE 13446/4), le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, a souligné, sur X, que M. Orbán n'avait reçu aucun mandat des États membres pour se rendre à Moscou, rappelant que la position du Conseil européen, inscrite dans plusieurs conclusions agréées par les Vingt-sept, « exclut les contacts officiels entre l'UE et le président Poutine ». Il a rappelé que M. Poutine faisait l'objet d'un mandat d'arrêt de la 'Cour pénale internationale' pour son rôle dans la déportation d'enfants ukrainiens vers la Russie.

Pour la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, rechercher « l'apaisement ne stoppera pas Poutine ». « Seules l'unité et la détermination ouvriront la voie à une paix globale, juste et durable en Ukraine », a-t-elle estimé.

Le porte-parole de l'institution de l'UE, Eric Mamer, a rappelé qu'avec la récente conférence pour la paix en Ukraine, qui s'est déroulée à la mi-juin en Suisse et à laquelle a participé la Hongrie (EUROPE 13433/21), un processus est en cours au niveau de l'UE, et que ce processus, contrairement aux initiatives individuelles, fournit « les meilleures chances » de parvenir à une paix durable. « Nous voulons une paix juste pour l'Ukraine, pas l'apaisement de la Russie. Ce déplacement fait le jeu de Poutine », a-t-il insisté. Il a aussi estimé que l'initiative de M. Orbán remettait en cause le déplacement à Budapest du Collège des commissaires européens, déjà repoussé à septembre (EUROPE 13443/12).

Au Conseil européen, plusieurs dirigeants d'États membres ont marqué leur désapprobation quant à l'initiative de M. Orbán, qui intervient trois jours après sa rencontre avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, à Kiev (EUROPE 13444/21).

Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a ironisé sur la déclaration de M. Orbán selon laquelle la Hongrie servira d'instrument pour enclencher la première étape vers la paix : « La question est : dans quelles mains se trouve cet instrument ? » Le chancelier allemand, Olaf Scholz, a rappelé la position très claire de l'UE : « Nous condamnons la guerre d'agression russe ». Le Premier ministre suédois, Petteri Orpo, a jugé « irresponsable et déloyale » l'initiative de M. Orbán, qui envoie « le mauvais message au monde » et constitue « une insulte au peuple ukrainien », tandis que son homologue danoise, Mette Frederiksen, l'a qualifiée de « profondément troublante ». « Il n'y a rien à discuter tant que la Russie continue d'attaquer l'Ukraine », a-t-elle considéré.

Devant la presse, le Secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, a indiqué que M. Orbán l'avait informé de ces déplacements, notant que la Hongrie ne représente qu'elle-même à Moscou. Selon lui, le Premier ministre hongrois, qui reconnaît que la Russie est l'agresseur de l'Ukraine, aura l'occasion, la semaine prochaine à Washington, de discuter de ses récentes initiatives avec les Alliés réunis en sommet de l'OTAN.

Relevant que le déplacement à Moscou de M. Orbán n'avait pas été coordonné avec les autorités ukrainiennes, le ministère ukrainien des Affaires étrangères a évoqué le principe selon lequel 'aucun accord sur l'Ukraine ne sera possible sans elle'. Et il a estimé que la 'Formule de paix' élaborée par Kiev constitue « la seule voie réaliste » vers un cessez-le-feu durable.

En octobre 2023, M. Orbán avait rencontré M. Poutine à Pékin. La dernière visite à Moscou d'un dirigeant d'un pays de l'UE était celle du chancelier autrichien, Karl Nehammer. (Mathieu Bion avec Camille-Cerise Gessant)

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