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Bulletin Quotidien Europe N° 13447
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bce

Piero Cipollone estime que l'IA présente des potentiels et des risques pour l'économie, mais doit être accompagnée de garde-fous

Piero Cipollone, membre du directoire de la Banque centrale européenne, a examiné, jeudi 4 juillet à Rome, à la 'Conférence nationale des statistiques sur les statistiques officielles à l'heure de l'intelligence artificielle (IA)', les implications de l’IA pour le travail des banques centrales.

M. Cipollone a constaté que le recours à l’intelligence artificielle (IA) se développe, de même que la numérisation et les technologies de l'information et de la communication (TIC). Ces technologies modifieront le travail de la BCE notamment pour l'analyse économique, les statistiques, la communication ou encore les infrastructures de marché et de paiements. Cependant, il a estimé que la technologie n'avait pas fondamentalement changé la façon dont la BCE concevait la politique monétaire.

Il a souhaité se pencher sur l’impact macroéconomique de l’IA et a relevé, parmi d'autres domaines pertinents pour la conduite de la politique monétaire, trois domaines dans lesquels l’IA pourrait affecter l’économie.

Productivité. M. Cipollone a admis que le potentiel de l'IA pour accroître la productivité était indéniable, notamment au niveau des entreprises. Cependant, il a indiqué que le résultat final sur les gains de productivité dépendra de la rapidité et de l'échelle de diffusion de l'IA dans tous les secteurs de l’économie.

Il a également mis en garde contre le risque que la majeure partie de la valeur créée par l'IA soit captée par quelques entreprises et que cela aboutisse à une structure de marché trop concentrée.

Emploi. « La question de savoir si l'IA représente une opportunité ou un risque pour l'emploi dépend de l'effet net », selon Piero Cipollone, indiquant que cela dépendrait également de la capacité de la main-d'œuvre à acquérir des compétences complémentaires à celles de l'IA.

Stabilité. Enfin, il a estimé que l’IA pouvait représenter des opportunités pour la stabilité financière, notamment en renforçant l’efficacité des évaluations des risques ou de la planification du capital et des liquidités. Mais l'économiste a pointé des risques, entre autres, en termes de concentration des marchés ou de conflits d'intérêts.

Politique monétaire. Enfin, examinant les implications pour la politique monétaire, M. Cipollone a souligné l’incertitude de l'effet de l’IA sur l'évolution des pressions à la hausse ou à la baisse sur les prix ou sur le taux d’intérêt naturel.

Il a également souligné que l’IA pouvait avoir un effet sur la transmission de la politique monétaire en créant de nouveaux « gagnants » et « perdants » économiques et, donc, pouvait modifier les comportements de consommation et l'accès au crédit, et, partant, affecter la réaction de la demande face aux modifications de politique monétaire.

Par ailleurs, il a estimé que l'IA pourrait entraîner une modification des structures financières, notamment par un renforcement de l'intermédiation non bancaire.

Garde-fous. L'intelligence artificielle n’étant pas capable de réflexivité, Piero Cipollone a indiqué qu’il était nécessaire d’instaurer des limites à l’IA afin, notamment, de protéger la confidentialité et la vie privée ou d'éviter qu'elle facilite la diffusion de fausses informations, les fraudes et les cyberattaques.

Enfin, il a mis en garde contre une dépendance excessive à l'égard de l'IA.

Le jugement, la responsabilité et les décisions des banques centrales doivent, selon lui, demeurer une compétence des humains.

Lien vers le discours : https://aeur.eu/f/cyf (Émilie Vanderhulst)

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