Le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, et le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, ont annoncé, mercredi 12 juin, que la Hongrie ne participerait pas à deux projets en cours au sein de l’Alliance pour aider l’Ukraine : un plan permettant à l'OTAN de diriger la coordination de l'assistance à la sécurité et de la formation en Ukraine et un engagement financier à long terme des Alliés pour fournir un soutien militaire.
« La Hongrie ne participera pas aux efforts de l’OTAN. Dans le même temps, le Premier ministre m'a assuré que la Hongrie ne s'opposerait pas à ces efforts, permettant ainsi à d'autres Alliés d'aller de l'avant », a expliqué M. Stoltenberg. Les deux hommes se sont mis d’accord sur les modalités de cette non-participation. Ainsi, aucun personnel hongrois ne participera à ces activités et aucun fonds hongrois ne sera utilisé pour les soutenir. Selon M. Orbán, le territoire hongrois ne sera pas non plus impliqué dans des activités liées à l’Ukraine.
Réunion ministérielle ces jeudi et vendredi
Le soutien à l’Ukraine sera l’un des principaux sujets de la réunion des ministres de la Défense des pays alliés, les 13 et 14 juin à Bruxelles.
Les ministres se réuniront tout d’abord dans le cadre du groupe de contact sur la défense de l'Ukraine. Ils devraient faire le point sur la situation sur place. Mardi 11 juin, à Berlin, le président ukrainien a plaidé une nouvelle fois pour la fourniture de systèmes antiaériens alors que le pays fait face à près de cent attaques aériennes par jour, y compris contre Kiev. « Nous allons et devons continuer à soutenir l’Ukraine », a promis l’ambassadrice américaine, Julianne Smith, devant les médias. De retour à Bruxelles, M. Stoltenberg a espéré d’autres annonces de soutien dans les prochaines semaines, rappelant que cela était « nécessaire de manière urgente » pour faire en sorte que Kiev l’emporte. Les ministres se retrouveront ensuite pour un Conseil UE-Ukraine.
L’Ukraine sera l'un des sujets du sommet des Alliés à Washington en juillet, sommet qui sera préparé par les ministres.
M. Stoltenberg a espéré que, lors de leur réunion, les ministres de la Défense approuveront le plan permettant à l'OTAN de diriger la coordination de l'assistance à la sécurité et de la formation en Ukraine. Selon lui, cela permettra à l’Ukraine de faire face à ses besoins immédiats, mais aussi à l’OTAN d'aider Kiev à constituer ses futures forces et à les rendre plus interopérables.
Les Alliés pourraient aussi se mettre d’accord, lors du sommet, sur un engagement financier à long terme. M. Stoltenberg a rappelé que les Alliés dépensaient chaque année 40 milliards d'euros pour aider militairement l’Ukraine, ce qui, selon lui, doit être le niveau de soutien minimum.
La déclaration du sommet devrait aussi rappeler que l’Ukraine a vocation à devenir membre de l’OTAN, mais aucune invitation officielle à rejoindre l’Alliance n’est attendue. « L’Ukraine a encore du travail à faire pour remplir les critères (pour adhérer) et d’importantes reformes sont nécessaires », a souligné Mme Smith, rappelant « les efforts admirables » déjà faits par Kiev. « Les Alliés de l’OTAN travaillent en étroite collaboration avec l’Ukraine pour l’aider à poursuivre ses progrès. L'objectif et les engagements restent les mêmes : jeter un pont vers l’adhésion », a-t-elle ajouté. Selon M. Stoltenberg, les Alliés pourraient se mettre d’accord sur un langage fort concernant l’adhésion, un langage « encore plus clair sur le fait que l’Ukraine deviendra membre de l’Alliance ».
Les ministres discuteront également des possibles avancées en termes de défense et de dissuasion lors du sommet et de la reconfirmation de l'objectif de dépenser l’équivalent de 2% de leur PIB en défense.
De plus, lors de la réunion ministérielle, « nous progresserons sur un nouvel engagement en matière d’industrie de défense que les dirigeants devront approuver lors du sommet de Washington », a annoncé le secrétaire général. Et d'ajouter : « Cela nous permettra d’augmenter la production militaire et d’envoyer un signal de demande à long terme à l’industrie. En outre, nous prendrons des décisions pour garantir que nous disposons des capacités nécessaires pour répondre aux exigences de nos propres nouveaux plans de défense ».
Les Alliés devraient également discuter de la recrudescence des attaques hybrides sur leur territoire, telles que des cyberattaques, des sabotages ou des actes de violence et de désinformation. M. Stoltenberg a précisé que les Alliés augmentaient la sensibilisation, le partage des informations et du renseignement, et renforçaient la protection des infrastructures critiques, notamment sous-marines.
Les ministres de la Défense concluront leur cycle de rencontres par une réunion du Groupe des plans nucléaires. Ils discuteront de l'adaptation en cours des capacités nucléaires à l'environnement de sécurité actuel. (Camille-Cerise Gessant)