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Bulletin Quotidien Europe N° 13437
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ACTION EXTÉRIEURE / Affaires ÉtrangÈres

Ukraine, Moyen-Orient, Géorgie, Grands Lacs et Balkans occidentaux au menu du Conseil affaires étrangères

Les ministres européens des Affaires étrangères se retrouveront lundi 24 juin à Luxembourg pour un Conseil particulièrement chargé.

Ukraine. Les ministres auront d’abord leur traditionnel échange avec leur homologue ukrainien, Dmytro Kuleba. Ils devraient discuter de la situation sur le terrain et se féliciter de l’adoption du 14e paquet de sanctions - qui porte notamment sur le gaz naturel liquéfié - qui devrait avoir lieu par procédure écrite en parallèle du Conseil (EUROPE 13436/4).

Le Haut Représentant pourrait également annoncer un accord sur le transfert vers la 'Facilité européenne pour la Paix' (FEP) d’une partie des bénéfices exceptionnels tirés des avoirs russes gelés. Il s’agirait de 1,4 milliard d’euros. 

À l’inverse, aucun déblocage n’est attendu de la Hongrie sur l’adoption des mesures liées à la FEP et la Facilité d’assistance pour l’Ukraine. Selon plusieurs sources, le sujet remontera au Conseil européen.

L’arrangement de sécurité entre l’UE et l’Ukraine, dont les négociations sont finalisées, selon l’Ukraine, devrait aussi être abordé (EUROPE 13435/18). Sous réserve de l’accord des États membres, l’arrangement devrait être signé la semaine prochaine, en présence du président ukrainien, Volodymyr Zelensky.

La conférence pour la Paix des 15 et 16 juin (EUROPE 13433/21) pourrait faire l’objet d’un suivi.

Le Conseil pourrait en outre saluer la tenue, mardi 25 juin, de la première conférence intergouvernementale sur l'adhésion de l’Ukraine - mais aussi celle de la Moldavie – après l’accord entériné par le Conseil 'Écofin', vendredi 21 juin.

Proche-Orient. Le Conseil se penchera ensuite sur la situation au Proche-Orient, à la fois sur la situation à Gaza, mais aussi sur les tensions qui s'exacerbent entre Israël et le Hezbollah. Mercredi, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a averti qu'« aucun lieu » en Israël ne serait épargné en cas d'attaque contre le Liban, au lendemain de l’annonce par Israël de la validation des « plans opérationnels pour une offensive au Liban ». Le Hezbollah a aussi menacé Chypre, si le pays ouvre ses aéroports et ses bases à Israël. Chypre, de son côté, craint une arrivée massive de Libanais en cas de conflit.

Le Conseil pourrait revenir sur la manière de soutenir le plan du président américain, Joe Biden, qui promeut un cessez-le-feu et la libération des otages.

Israël a annoncé, le 16 juin, une pause quotidienne de ses opérations afin de faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire entre le point de passage de Kerem Shalom, au sud de la bande de Gaza, et l’hôpital européen au nord de Rafah (EUROPE 13433/29). L’acheminement de l’aide par la mer a été plusieurs fois suspendu, notamment en raison de conditions météorologiques défavorables. En outre, les livraisons du Programme alimentaire mondial sont à l'arrêt depuis le 10 juin, dans l’attente de meilleures conditions de sécurité.

De son côté, l'armée israélienne a dénoncé à plusieurs reprises l'infiltration d'infrastructures humanitaires ou civiles par des combattants terroristes.

Les ministres devraient être informés par le Haut Représentant de l’UE sur la possibilité de redéployer la mission EUBAM Rafah, après plusieurs visites d’étude sur place. Selon un haut fonctionnaire européen, un redéploiement serait possible logistiquement dans quelques semaines, mais les conditions politiques doivent être réunies.

Les chefs des diplomaties européennes pourraient également revenir sur l’organisation d’un Conseil d’association avec Israël. Si la Hongrie a annoncé avoir un accord avec Israël pour un Conseil au second semestre, il revient au Haut Représentant de l’organiser. Ce dernier a reçu une réponse d’Israël, via son ambassadeur après de l’UE, se disant prêt à discuter d’une date et des sujets à aborder. L'État hébreu est d'accord pour discuter des relations bilatérales et non des relations israélo-palestiniennes. Une autre difficulté sera une position commune des États membres sur le contenu du Conseil, certains ne souhaitant pas que ce soit un Conseil ‘business as usual’, mais d’autres craignent que la réunion devienne un tribunal pour Israël.

Le Conseil discutera aussi de la manière de soutenir l’Autorité palestinienne et l’UNRWA, y compris financièrement, et de nouvelles sanctions supplémentaires à l’encontre du Hamas et de colons violents. Les mesures contre le Hamas – 8 ou 9 personnes, selon une source, pourraient être adoptées plus tard dans la semaine.

Balkans occidentaux. Après une discussion interne, les ministres européens vont s'entretenir avec leurs homologues des Balkans occidentaux, lors du déjeuner de midi. Seront présents les ministres des Affaires étrangères du Kosovo, de la Bosnie-Herzégovine, de la Macédoine du Nord, de la Serbie, du Monténégro et de l'Albanie.

Selon un haut responsable européen, la durée limitée du déjeuner ne devrait cependant pas permettre aux ministres de rentrer dans des discussions détaillées liées aux processus d'adhésion.

L'échange devrait se concentrer principalement sur les défis communs en matière de politique étrangère et de sécurité pour les prochaines années et sur la poursuite de l'intégration des Balkans occidentaux dans la Politique étrangère et de sécurité commune de l'Union.

Par ailleurs, début mai, le Conseil de l'UE a donné son feu vert définitif à la mise en place du plan de croissance pour les Balkans occidentaux, qui doit fournir jusqu'à 2 milliards d'euros de subventions et 4 milliards d'euros de prêts d'ici 2027 (EUROPE 13384/4).

Géorgie. Le Conseil discutera de la situation en Géorgie, qui s’éloigne de l’UE avec l’adoption de la loi sur la transparence de l’influence étrangère et des propositions de loi contre les LGBTI. Il se penchera sur les réponses que l’UE peut y apporter, mais aucune décision ne sera prise lors du Conseil.

Selon des sources européennes, la suspension de rencontres à haut niveau ou un renforcement du financement d’ONG seraient envisagés. Si la situation se dégradait encore davantage, la suspension des visas et des sanctions contre des membres du parti Rêve géorgien pourraient être envisagées, mais elles ne font pas l’unanimité à ce stade. Selon un diplomate, l’objectif est de faire comprendre au Rêve géorgien le message sans pour autant punir la population.

Région des Grands Lacs. Les ministres tiendront un débat sur la région des Grands Lacs africains, à la lumière de la stratégie de l'UE adoptée en 2023 (EUROPE 13125/7). L'UE s'était dotée, en février 2023, d'une nouvelle stratégie visant à s'attaquer aux causes profondes de l'instabilité dans cette région stratégique et qui couvre la sécurité, l'aide humanitaire, l'aide au développement, le commerce, le soutien au multilatéralisme avec, en toile de fond, l'agenda 2030 de l'ONU et ses objectifs de développement durable.

La discussion devrait également porter sur la nomination du nouvel envoyé spécial de l’UE pour les Grands Lacs. Selon des médias africains, le Rwanda a bloqué la nomination d’un diplomate belge pour ce poste. Plusieurs sources européennes ont dénoncé le fait que le SEAE aurait laissé un pays tiers intervenir dans une décision souveraine de l’Union. « Nous avons besoin d’une décision aussi rapidement que possible, car la situation se détériore », a souligné un diplomate.

La situation dans l’est de la République démocratique du Congo (EUROPE 13436/43) devrait notamment être abordée lundi.

Tunisie. Rapidement, les ministres, à la demande du Haut Représentant de l’UE, devraient se pencher sur la dégradation de la situation des droits de l’homme en Tunisie, avec des arrestations de membres de la société civile et l’expulsion de migrants. (Camille-Cerise Gessant, Isalia Stieffatre et Renaud Denuit)

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