Les ministres des Affaires étrangères se réuniront lundi 27 mai pour un nouveau Conseil 'Affaires étrangères' avec à son agenda des sujets devenus classiques : l’agression russe contre l’Ukraine et le Proche-Orient.
Ukraine. Après un traditionnel échange, par visioconférence, avec leur homologue ukranien, Dmytro Kuleba, qui fera le point sur les dernières évolutions sur place, les ministres discuteront de la situation en Ukraine, difficile sur le champ de bataille et dans les airs. Ils reviendront sur les engagements de l’UE en Ukraine, en particulier militaires (voir autre nouvelle).
Les ministres devraient revenir sur la Facilité européenne pour la paix et son nouveau volet ‘Ukraine’, alors que sept décisions doivent encore être adoptées pour pouvoir débloquer les fonds (voir autre nouvelle). Ces décisions sont actuellement bloquées par la Hongrie.
Le 'Sommet pour la Paix', prévu en Suisse à la mi-juin, pourrait être abordé. Plus de 70 délégations ont déjà confirmé leur présence, selon un haut fonctionnaire européen. Il a expliqué que l’UE espérait qu’il en sorte un cadre pour les futures négociations de paix en Ukraine, respectant le droit international.
Les ministres discuteront du 14e paquet de sanctions à l’encontre de la Russie en cours de négociation. L'objectif serait une adoption pour le Conseil européen de fin juin. Ils pourraient adopter le nouveau régime de sanctions liées aux violations des droits de l’homme en Russie et des mesures liées à la désinformation.
De plus, le ministre italien pourrait faire un point sur les discussions tenues lors du G7 'Finances' des 24 et 25 mai sur l’utilisation des profits des avoirs gelés russes. Alors que le Conseil de l’UE a formellement approuvé, le 21 mai, la proposition législative visant à mobiliser les profits générés par ces avoirs (EUROPE 13413/21), les États-Unis ont appelé les membres du G7 à être plus ambitieux.
Proche-Orient. Les ministres discuteront du Proche-Orient. Ils s’entretiendront avec leurs homologues saoudien, jordanien, égyptien, émirati, qatari et avec le secrétaire général de la Ligue arabe afin d'entendre leurs idées et leurs efforts pour la paix. Les discussions porteront aussi sur la manière dont l’UE pourrait contribuer à un processus de paix, à une solution à deux États.
Les ministres des États membres de l'UE débattront ensuite entre eux de la situation au Proche-Orient.
Alors que la Cour de justice internationale a ordonné vendredi à Israël de suspendre « immédiatement » ses opérations militaires à Rafah, le Conseil devrait revenir sur la crise humanitaire dans la bande de Gaza et sur la nécessité d’un apaisement et devrait discuter des outils à sa disposition. Soulignant que même les États-Unis avaient du mal à avoir un impact sur les décisions israéliennes, une source européenne a expliqué que l'UE continuait d'estimer qu'il était « important d’envoyer des messages, de dialoguer avec la région, de s’engager dans la solution politique ». « C'est peut-être pour cela qu’on concentre les efforts sur le jour d'après », a-t-elle ajouté. Les Européens sont désunis sur les possibles mesures qui pourraient être prises.
Le Haut Représentant pourrait partager ses idées concernant l’utilisation de la mission EUBAM Rafah pour faciliter l’accès de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza après la guerre. Un haut fonctionnaire a expliqué que l'UE avait reçu des demandes de différentes parties, y compris Israël, pour étudier la possibilité de rouvrir la mission. Lundi, le Haut Représentant pourrait demander un mandat aux États membres pour présenter des possibilités opérationnelles qui permettraient à la mission d’être déployée. Les discussions en sont à un stade très préliminaire, selon plusieurs sources.
Selon une source européenne, la reconnaissance de l’État de Palestine par l’Irlande, l’Espagne et la Norvège pourrait être mentionnée. Prenant note de cette reconnaissance, le Haut Représentant de l’UE avait expliqué qu’il travaillerait « sans relâche avec tous les États membres pour promouvoir une position commune de l’UE fondée sur une solution à deux États ».
Affaires courantes. Rapidement, le Conseil reviendra sur la situation au Venezuela en amont des élections de juillet. L’UE a été invitée à observer les élections et, selon un haut fonctionnaire européen, le Haut Représentant de l’UE n’a pas encore décidé si une mission d’observation sera envoyée ou non.
La situation en Géorgie sera aussi abordée. Une source européenne a rappelé qu’au-delà de la loi controversée sur la transparence de l’influence étrangère, le pays connaissait une répression grandissante. « Cela éloigne la Géorgie de l’UE », a-t-elle prévenu. Les ministres pourraient discuter de la réponse à apporter aux événements et des mesures qui pourraient être prises pour inciter les Géorgiens à reprendre la voie de la perspective européenne. Le sujet pourrait être discuté plus en profondeur lors du Conseil de juin, selon une autre source.
Le Conseil devrait en outre adopter des conclusions sur la sécurité et la défense de l'UE, les premières depuis 2021, qui devraient permettre de faire le point sur les progrès réalisés depuis l'adoption de la 'Boussole stratégique' en mars 2022.
Syrie. Le Conseil sera suivi par la 8ᵉ conférence sur la Syrie, intitulée ‘Soutenir l'avenir de la Syrie et de la région’, dans les locaux du Conseil de l’Union européenne à Bruxelles.
Alors que les yeux sont tournés vers le Proche-Orient, l’Ukraine ou le Soudan, l’objectif de la conférence est de continuer à mobiliser la communauté internationale concernant le sort des Syriens, plongés dans une guerre civile dévastatrice depuis treize ans.
La réunion ministérielle verra la participation de représentants des États membres de l'UE, des États voisins de la Syrie et de pays tiers, ainsi que de représentants des Nations unies et d'organisations internationales.
L’objectif de la conférence ministérielle est d’exprimer le soutien de l’UE et la communauté internationale à « une solution politique globale négociée par l'intermédiaire des Nations unies et bénéficiant du soutien total de tous ses membres », a indiqué le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, dans un communiqué. De nouvelles promesses de soutien financier pour la population syrienne et les communautés d’accueil devraient être faites.
M. Borrell coprésidera la conférence, au nom de l'Union européenne, avec le commissaire à l'Élargissement et à la Politique européenne de voisinage, Olivér Várhelyi, et le commissaire à la Gestion des crises, Janez Lenarčič.
Mardi 30 avril dernier, une journée de dialogue avec la société civile syrienne avait été organisée au Parlement européen (EUROPE 13402/15) dans le cadre de cette même conférence annuelle.
Depuis 2011, plus de 33 milliards d'euros ont été mobilisés par l’UE et ses pays membres en réponse à la crise syrienne. (Camille-Cerise Gessant et Bernard Denuit)