La Commission européenne a adopté, mardi 23 avril, une recommandation sur le développement et le renforcement des systèmes intégrés de protection de l'enfance dans l'intérêt supérieur de l'enfant. Cela s’inscrit dans la stratégie de l'UE en matière de droits de l'enfant (EUROPE 12685/14).
La recommandation aidera les États membres à renforcer leurs systèmes de protection de l'enfance et à protéger les 80 millions d’enfants dans l’UE contre toutes les formes de violence.
Selon la Commission, 13 à 29% des élèves de 15 ans déclarent être fréquemment victimes de brimades. Jusqu'à 13,7% des femmes adultes ont déclaré avoir subi des violences sexuelles dans leur enfance, et cette proportion pourrait être plus élevée.
« Les actions et l'inaction des gouvernements ont un impact plus important sur les enfants que sur tout autre groupe de la société. La protection des enfants est un impératif moral et juridique. Il s'agit également d'un investissement stratégique à long terme dans nos sociétés », explique l’institution dans un communiqué.
La recommandation demande notamment aux États membres : « - de placer les enfants au centre des systèmes intégrés de protection de l'enfance en adaptant les systèmes de protection aux besoins des enfants et en associant les enfants à la prise de décisions qui les concernent ; - d’adapter les systèmes pour protéger tout enfant contre toute forme de violence en utilisant les outils de l'UE tels que la législation, la politique ou le financement ; - d’établir un cadre général de systèmes intégrés de protection de l'enfance. Les États membres sont ici invités à élaborer des plans nationaux pour mettre fin à la violence à l'encontre des enfants, à mettre en œuvre efficacement la législation européenne et nationale sur la protection de l'enfance, à mettre en place des structures de coordination, à renforcer les ressources humaines et financières et à améliorer la collecte de données ; - d’améliorer la coordination et la coopération entre les secteurs et les autorités compétentes par la formation des professionnels, en commençant par le niveau local ; ou encore de répondre aux besoins de sécurité des enfants en ligne et hors ligne en améliorant la culture numérique des enfants ; - et de protéger l'intégrité et la santé mentale des enfants et de combattre le (cyber)harcèlement en encourageant les États membres à élaborer des stratégies nationales en matière de santé mentale ciblées sur les enfants ».
En 2021, 114 enfants ont été victimes d'homicides volontaires dans l'UE ; 20% des enfants en Europe subissent une forme ou une autre d'abus sexuel au cours de leur enfance et 190 000 filles dans l'UE risquent d'être soumises de force à des violences sexuelles ou à des mutilations génitales.
Par ailleurs, le suicide est la deuxième cause de décès chez les jeunes (15 à 19 ans).
La violence à l'égard des enfants a aussi un coût économique, estimé à 8% du PIB mondial.
La perte annuelle de capital humain due aux troubles mentaux des enfants et des jeunes est estimée à 54,2 milliards d'euros en Europe.
Liens vers les documents : https://aeur.eu/f/bwv ; https://aeur.eu/f/bwu (Solenn Paulic)