Les dirigeants des Vingt-sept, réunis à Bruxelles, ont décidé, jeudi 21 mars, de suivre les recommandations formulées par la Commission européenne et d’ouvrir les négociations d’adhésion à l’UE avec la Bosnie-Herzégovine (EUROPE 13369/1).
« Le Conseil européen vient de décider d'ouvrir les négociations d'adhésion avec la Bosnie-Herzégovine. Félicitations ! Votre place est dans notre famille européenne. La décision d'aujourd'hui est une étape clé dans votre chemin vers l'UE. Il faut maintenant continuer à travailler dur pour que la Bosnie-Herzégovine progresse régulièrement, comme le souhaite votre peuple », a commenté le Président du Conseil européen, Charles Michel.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué elle aussi la décision, jugeant que le pays des Balkans occidentaux avait réalisé plus de progrès « en un an qu’en dix ans ». « Espérons que la décision conduira à des progrès encore plus importants », a-t-elle complété.
La décision prise par les dirigeants des États membres a rapidement trouvé un écho à Sarajevo, où une partie de la classe politique a rapidement réagi à la décision du Conseil européen.
« La détermination et les efforts mutuels ont permis d'atteindre le niveau nécessaire de conformité aux exigences et aux critères. Nous restons fermement déterminés à poursuivre le travail qui entraînera de nouveaux progrès et développements en Bosnie-Herzégovine », a déclaré la présidente du Conseil des ministres de Bosnie-Herzégovine, Borjana Krišto.
Si les chefs d’États ou de gouvernement des États membres ont décidé d’ouvrir les négociations, il faudra en revanche encore attendre que le cadre de négociation soit adopté par le Conseil pour que le processus démarre concrètement. Selon les conclusions du Conseil européen, le cadre pourra être discuté et - in fine - adopté par les Vingt-sept « dès que toutes les mesures pertinentes énoncées dans la recommandation de la Commission du 12 octobre 2022 auront été prises ». Plusieurs États membres avaient largement insisté sur ce point à l'approche du Conseil européen.
Le sujet avait aussi fait l’objet de débats au sein des parlements nationaux de plusieurs États membres au cours des dernières semaines, notamment aux Pays-Bas. À deux jours du sommet européen, certaines sources avaient fait part de prudence auprès d’Agence Europe quant à l’issue des discussions menées par les dirigeants européens (EUROPE 13375/1).
Il n’en fut rien, selon le Premier ministre belge, Alexander De Croo, qui a assuré à Agence Europe que le sujet avait été vite évacué. « Il n’y a pas eu beaucoup de discussion sur le sujet, il s’agissait plus de gestion politique », a-t-il résumé.
La Bosnie-Herzégovine est dans l'antichambre de l'UE depuis février 2016, lorsqu'elle avait déposé sa candidature pour adhérer à l'Union européenne. En décembre dernier, la question de l'ouverture des négociations avait déjà été sur la table des dirigeants européens. Ceux-ci avaient décidé, à cette occasion, de s'en tenir aux recommandations de la Commission, qui préconisait alors d'attendre que « le degré nécessaire de conformité avec les critères d'adhésion soit atteint » (EUROPE 13314/1).
Voir les conclusions du Conseil européen : https://aeur.eu/f/bh4 (Thomas Mangin)