L'organisation Amnesty International a appelé, vendredi 20 octobre, à garantir le droit de manifester après que les autorités de plusieurs États membres de l'Union européenne ont imposé des restrictions aux manifestations visant à défendre les droits des Palestiniens dans le cadre de la recrudescence des tensions au Proche-Orient.
« Dans de nombreux pays européens, les autorités restreignent illégalement le droit de manifester. Les mesures vont de celles qui visent certains chants, drapeaux et signes palestiniens, à celles qui soumettent les manifestants à des brutalités policières et à des arrestations. Dans certains cas, les manifestations ont été purement et simplement interdites », a critiqué Esther Major dans un communiqué.
En France, le Conseil d'État a rappelé, mercredi 18 octobre, qu’« il appartient aux seuls préfets d’apprécier s’il y a lieu d’interdire une manifestation localement en fonction des risques de troubles à l’ordre public ». Selon lui, aucune interdiction ne peut être fondée « uniquement » sur la base du télégramme que leur a adressé le ministre français de l'Intérieur, Gérald Darmanin, requérant une telle interdiction, ni « sur le seul fait que la manifestation vise à soutenir la population palestinienne ».
L'Allemagne a également interdit la vaste majorité des manifestations en faveur de la Palestine, note Amnesty International.
En prévision des manifestations annoncées ce week-end, l'organisation appelle les autorités des États membres à faciliter le droit de tout un chacun à s'exprimer librement et pacifiquement. (Mathieu Bion)