Les perspectives du marché du gaz pour la prochaine saison hivernale dans l'Union européenne sont positives, a estimé le centre de réflexion (think tank) Bruegel dans une nouvelle analyse, publiée le 10 octobre. Toutefois, ajoute-t-il, l'impact de la flambée des prix du gaz et de l'électricité sur diverses industries « appelle une réponse prudente et réfléchie ».
L’analyse examine l'état de préparation de l'UE pour l'hiver à venir à la lumière de divers facteurs, notamment les conséquences de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, les défis en matière d'approvisionnement en gaz et les mesures de réduction de la demande.
En 2023, l'UE aura réussi à réduire la demande de gaz de 15% par rapport aux moyennes historiques et à augmenter sa capacité d'importation de gaz naturel liquéfié (GNL). Le marché mondial du GNL reste bien approvisionné, en partie grâce à la croissance limitée de la demande en Chine. L'UE a atteint son objectif en matière de stockage de gaz de 90%, soit deux mois avant l’échéance en novembre (EUROPE 13234/12), et elle a même envoyé du gaz excédentaire à l'Ukraine.
« Dans le pire des cas, l'UE se retrouverait avec des sites de stockage à plus de 20% de leur capacité au 1er avril 2024, tandis que, dans l'éventualité d'une absence d'importations en provenance de Russie et d'une demande de gaz similaire à celle de 2022, l'UE dépasserait largement les 40% de sa capacité de stockage », rassure Bruegel.
Les pays européens ont également diversifié leurs sources de gaz, en réduisant leur dépendance à l'égard du gaz russe et ils ont mis en œuvre des solutions pour accroître la production d'énergie renouvelable.
En dépit de ces évolutions positives, le texte souligne que l'UE ne doit pas faire preuve de complaisance. « Les craintes de pénurie de gaz ou de coupures d'électricité se sont dissipées, mais un prix du gaz qui reste plus élevé que sur d'autres marchés et une volatilité constante des prix pourraient encore avoir des répercussions sur la structure industrielle et l'économie de l'UE », indique l’analyse.
Le document revient également sur l'état de préparation spécifique des différentes régions de l'UE, comme la péninsule ibérique et les pays qui dépendent des gazoducs russes. L'évaluation globale est optimiste, mais l'UE devrait rester vigilante et réactive face à l'évolution de la situation.
Bruegel conclut que l'UE a pris des mesures pour atténuer l'impact des ruptures d'approvisionnement en gaz et de la volatilité des prix, mais une vigilance constante et des efforts de réduction de la demande sont essentiels pour maintenir la sécurité énergétique pendant la période d'après-guerre.
Pour voir l’analyse de Bruegel : https://aeur.eu/f/94y (Pauline Denys)