Les ministres de l’Agriculture des pays de l’UE se sont montrés majoritairement favorables, mardi 25 juillet à Bruxelles, au contenu de la proposition ouvrant la porte au développement des nouvelles techniques génomiques (NTG). Toutefois, certains pays ont émis des doutes sur le texte proposé.
La France a jugé « pertinente » la distinction entre deux catégories de plantes prévue dans la proposition (EUROPE 13216/1). Le ministre français, Marc Fesneau, a estimé que la question des brevets ne devrait pas être écartée des discussions.
L’Italie a soutenu la poursuite des travaux sur ce dossier complexe et s’est montrée toujours opposée aux OGM.
Pour le Portugal, ces nouvelles techniques permettent de résister au changement climatique et la proposition est « équilibrée ». La Finlande a soutenu les objectifs de la proposition, de même que Malte, l'Irlande, le Danemark (les NTG ne doivent pas être considérées comme des OGM, selon cette délégation) ou encore la Suède et les Pays-Bas.
Cem Özdemir, le ministre allemand, a dit de ne pas oublier le principe de précaution et de respecter la transparence. Il faut revenir sur le débat des brevets, a aussi souligné le ministre allemand, tout comme les ministres autrichien, hongrois ou maltais.
La Slovaquie a estimé que ces NTG peuvent aider le secteur agricole à participer à l'innovation, mais à condition de mesurer l'impact de la mise sur le marché de ces techniques.
La Roumanie ne comprend pas pourquoi les plantes de la première catégorie ne pourraient pas être utilisées dans le secteur de l'agriculture biologique.
Plusieurs pays ont fait montre de réticences, dont l'Autriche et la Pologne. La Hongrie a demandé de pouvoir interdire, si elle le souhaite, les NTG, de même que la Croatie et la Lituanie.
La Présidence espagnole du Conseil espère que les pays de l'UE parviendront, d'ici fin 2023, à une position commune sur ce dossier des NTG.
Pesticides. Les ministres ont procédé à un échange de vues sur l'étude complétant l'analyse d’impact de la proposition sur l'utilisation durable des pesticides (EUROPE 13216/5). La plupart des ministres ont estimé que cette étude n’apportait rien de nouveau au problème découlant de la proposition (-50% d’utilisation de pesticides d’ici 2030), qui risque de se traduire en une baisse de la production agricole. La plupart des pays (la Pologne, l'Italie, la Roumanie, la Finlande, la République tchèque, la Slovaquie…) ont demandé des objectifs nationaux de réduction plus réalistes et la quasi-totalité des ministres se sont opposés à l’interdiction totale des produits phytosanitaires dans les zones sensibles.
L’Italie, la France et le Luxembourg ont critiqué le fait que l’étude désigne la vigne ou les tomates comme des cultures « non essentielles » dans l’UE. La France et d'autres ont insisté sur le besoin d'alternatives fiables aux pesticides.
L'Allemagne et le Danemark ont soutenu l'objectif de réduction de l'utilisation de 50% des pesticides, tout en se montrant critiques sur l'interdiction de ces produits dans les zones sensibles.
« Notre réponse confirme qu'une réduction significative de l'utilisation des pesticides et des risques peut être obtenue, et a déjà été obtenue, sans perturber la sécurité alimentaire, la production, la disponibilité ou les prix alimentaires », a déclaré la commissaire à la Santé, Stella Kyriakides. « Il faudra dégager des solutions pragmatiques », a indiqué la commissaire après les interventions des ministres.
Luis Planas, le président en exercice du Conseil 'Agriculture', a déclaré qu'il espérait des progrès au Conseil sur ce dossier des pesticides d'ici fin 2023. (Lionel Changeur)