Pour une compétitivité accrue de l'UE, il faut veiller à ne pas imposer de barrières commerciales inutiles, estiment certains pays membres. Le thème de la sécurité économique faisait partie des sujets sur la table des ministres de l'Industrie européens, réunis à Bilbao, mardi 25 juillet. Cela faisait suite à la récente communication de la Commission européenne en la matière (EUROPE 13205/7) ainsi qu'à la discussion correspondante entre les dirigeants en juin (EUROPE 13213/1).
Quelques voix s'étaient fait entendre sur ce sujet juste avant la réunion à Bilbao. Devant la presse, le matin, le ministre tchèque de l'Industrie et du Commerce, Jozef Sikela, a appelé à la prudence s'agissant d'imposer, par exemple, un filtrage des investissements sortants : « Il existe une raison [pour une telle mesure], mais nous devons le faire de manière à ne pas imposer des barrières supplémentaires, nous devons trouver un équilibre prudent », a-t-il indiqué à EUROPE.
Son homologue hongrois, Marton István Nagy, a eu des mots encore plus forts : « La sécurité économique peut être nuisible ; il convient donc d'être très prudents [...] Des sanctions peuvent entraîner des conséquences négatives pour la concurrence et affaiblir l'économie européenne. Regardez, par exemple, ce qu'il se passe avec les restrictions à l'exportation sur le gallium et le germanium chinois (EUROPE 13215/26). Ceci nuit à l'industrie des semi-conducteurs et de l'automobile ; c'est très dangereux », a-t-il déclaré devant la presse en amont de la réunion.
Le secrétaire d'État espagnol aux Affaires européennes, Pascual Navarro, a également indiqué que certaines délégations avaient insisté sur l'ouverture commerciale de l'UE dans le débat sur l'autonomie stratégique ouverte.
Davantage de précisions quant à la table ronde sur la sécurité économique n'ont pas pu être fournies aux journalistes présents sur place, dans la mesure où la conférence de presse a eu lieu avant cette session de travail. Le ministre de l'Industrie et du tourisme espagnol, Héctor Gómez Hernández, a en effet quitté ses homologues avant la fin de la rencontre pour rejoindre un conseil des ministres à Madrid. Pascual Navarro, quant à lui, est resté à Bilbao jusqu'à la fin de la rencontre. (Léa Marchal)