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Bulletin Quotidien Europe N° 13214
Présidence espagnole du Conseil de l'UE / Eu2023es

La Présidence espagnole du Conseil de l’UE veut présenter sa vision de l’autonomie stratégique ouverte à l’horizon 2030

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a annoncé, lundi 3 juillet, qu’il présenterait, à l’occasion du sommet de Grenade, le 6 octobre, sa vision de l’autonomie stratégique ouverte de l’UE à l’horizon 2030 (EUROPE 13202/23).

« Nous proposerons une vision pour avancer, d’ici 2030, une vision qui identifie des technologies, des biens, des services, des matières premières concrètes que l’UE doit produire de manière compétitive d’ici une décennie », a-t-il annoncé lors d’une conférence de presse commune avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à Madrid. Selon lui, l’objectif est de « contribuer à la prospérité et la résilience de l’Europe et à son nouvel agenda stratégique, qui sera adopté début 2024 ». Il a précisé que cette vision avait été bâtie, « pas à pas », avec notamment 80 ministres de toute l’UE.

M. Sánchez, qui a annoncé des élections anticipées pour la mi-juillet, pourrait cependant ne plus être Premier ministre à cette date.

Une autonomie stratégique ouverte de l’UE est une des priorités de la Présidence espagnole du Conseil de l’UE, tout comme la compétitivité de l’industrie et de l’économie européenne, un choix salué par Mme von der Leyen. « On peut être fier de ce qu’on a fait, mais si on veut rester à la pointe de cette course technologique, on doit continuer. Le message doit être clair pour industrie, l’Europe est l’endroit pour faire des affaires », a-t-elle estimé.

« L’ordre international change, l’UE doit changer, on doit renforcer notre leadership technologique, garantir notre sécurité économique, diversifier nos relations commerciales avec un accent sur les pays amis et proches de nous », a expliqué M. Sánchez. Il a précisé que son pays misait sur une nouvelle expansion commerciale tirant profit des avantages commerciaux de l’Europe, mettant en avant les pays d’Amérique latine et des Caraïbes. Mme von der Leyen a espéré des avancées dans les accords commerciaux avec le Mercosur et le Chili dans les six prochains mois. La présidente de la Commission a aussi salué l’accent mis par l'Espagne sur le commerce et la coopération, soulignant l’importance du sommet UE-CELAC qui se tiendra les 17 et 18 juillet, le premier depuis 8 ans.

La Présidence espère conclure sur les dossiers législatifs sur les matières premières critiques, le ‘zéro émission net’ ou encore l’intelligence artificielle.

Le soutien à l’Ukraine restera en haut de l’agenda de la Présidence espagnole, comme il le fut pour les présidences précédentes. « L’UE et l’Ukraine seront ensemble jusqu’à la victoire finale », a promis M. Sánchez, qui s’est rendu en Ukraine le 1er juillet, premier jour du mandat de son pays à la présidence du Conseil de l’UE. Pour Mme von der Leyen, « nous sommes à un moment décisif où il faut redoubler d’efforts en faveur de l’Ukraine » alors que l’invasion a commencé il y a plus de 500 jours, « 500 jours de souffrance, mais aussi de résilience du peuple ukrainien ».

Le Premier ministre a précisé que l’UE allait aider l’Ukraine tout le temps de l’invasion russe et lors de la paix « longue et prospère », ajoutant que le soutien serait politique, financier, militaire et humanitaire, mais aussi dans la voie de l’adhésion à l’UE. La Commission va publier à l’automne le rapport de progrès sur l’Ukraine et le Conseil européen devra décider en décembre s’il ouvre ou non les négociations d’adhésion à l’UE du pays.

Autre priorité de la Présidence espagnole : la transition écologique, selon M. Sánchez, qui s’est dit « tout à fait en phase avec la Commission européenne » pour lutter contre le changement climatique. Selon lui, « il ne faut pas nier le problème, mais le prendre à bras-le-corps et le transformer en opportunité de créer une nouvelle économie et de nouveaux emplois ». L’Espagne veut notamment travailler sur la réforme du marché de l’électricité, sur les dossiers liés à 'Fit for 55' et sur ceux liés à l’économie circulaire.

Madrid travaillera aussi sur la révision du cadre financier pluriannuel (CFP) « pour arriver à des réformes qui permettront de dépasser les séquelles de la crise financière et permettront l’intégration sociale et territoriale ». Mme von der Leyen a espéré que la révision du CFP pourra être adoptée d’ici la fin de l’année.

M. Sánchez a cité la transition numérique et environnementale, mais aussi le Pacte 'asile et migration', espérant un « accord équilibré qui conviendra à tous » d’ici la fin de l’année.

Sans vouloir revenir sur les difficultés rencontrées lors du Conseil européen de juin, le Premier ministre espagnol a estimé que le défi de la migration irrégulière devait amener les Européens à « une réponse européenne et non pas à une réponse qui est la somme des réponses nationales ». M. Sánchez a estimé qu’il serait « très symbolique » d’avoir un accord sous Présidence espagnole, alors que l’Espagne a connu des crises migratoires fortes.

Interrogé sur l’avenir de l’UE, M. Sánchez a reconnu qu’il souhaitait « une Europe plus fédérale » avec « plus de partage de souveraineté ». « Nous devons trouver des réponses communes aux défis que l’on a en commun et les défis que nos sociétés connaissent », a-t-il expliqué.

Voir le programme de la Présidence espagnole : https://aeur.eu/f/7v4  (Camille-Cerise Gessant)

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