La vice-présidente exécutive de la Commission européenne, Margrethe Vestager, a assuré travailler d'arrache-pied pour rendre le cadre réglementaire sur les aides d'État « plus simple, rapide et prévisible » afin de stimuler les investissements dans l'industrie 'zéro émission nette' et éviter leur délocalisation hors de l'Union européenne, lundi 5 juin, devant la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen.
« Je comprends que le Premier ministre d'un État membre de l'UE souhaite pouvoir dire au patron d'une entreprise à quelle aide publique celui-ci peut s'attendre pour un projet spécifique », a dit Mme Vestager, en réponse à une question de Joachim Schuster (S&D, allemand). Il convient d'introduire de la « prévisibilité », notamment en termes de prix énergétiques, tout en maintenant des règles du jeu équitables au sein du marché unique, a-t-elle ajouté.
Ludek Niedermayer (PPE, tchèque) a comparé les mesures préconisées aux États-Unis et dans l'UE pour attirer les investissements dans les industries 'zéro émission nette', qualifiant de « plus fragmentées » les initiatives européennes. Aurore Lalucq (S&D, française) a critiqué l'action erronée des Européens. « Les États-Unis utilisent tous les outils de la politique industrielle », alors que l'UE est « toujours en train de réguler les industries des autres, sans essayer de développer les siennes », a-t-elle estimé.
Mme Vestager n'a pas dit qu'il ne fallait pas de soutien financier public. Pour preuve, le cadre révisé pour les aides d'État pour l'énergie et le climat a autorisé « plus de 55 milliards d'euros » d'aides et celui sur les aides temporaires en temps de crise « plus de 700 milliards d'euros ». Mais, a nuancé la dirigeante politique, les aides publiques devraient aider à attirer l'épargne privée massive, comme celle des fonds de pension, parce que la transition climatique n'aura pas lieu sans investissements privés.
À Henrike Hahn (Verts/ALE, allemande), qui l'interrogeait sur des liens plus étroits entre octroi d'une aide publique et critères sociaux et environnementaux, la commissaire européenne a reconnu qu'il s'agit d'une « question délicate », notamment dans la prise en compte des conditions de travail. (Mathieu Bion)