Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a appelé, samedi 3 juin, à un renforcement de la coopération en matière de sécurité et de défense entre Européens et Asiatiques.
« L'Europe et l'Asie sont directement concernées par la sécurité de l'autre et nous devons travailler ensemble afin d'éviter une confrontation dans la région », a-t-il expliqué dans un discours au ‘Shangri La Dialogue’, à Singapour, estimant que c’est dans la région asiatique que les risques d’une nouvelle confrontation militaire sont les plus grands.
Tout en reconnaissant que l’UE n’était pas une alliance militaire classique, M. Borrell a rappelé que les États membres de l’UE disposaient d'une certaine capacité technologique qu’ils voulaient développer afin de devenir un 'smart enabler', en investissant dans la sécurité partagée en Europe et dans la région indo-pacifique. « Nous avons besoin les uns des autres. Nous devons stabiliser ce monde. Les défis auxquels nous sommes confrontés n'admettent pas d'autres solutions qu'une coopération solide », a-t-il estimé.
Le Haut Représentant a rappelé qu'au niveau mondial, l’an dernier, les dépenses militaires ont atteint un niveau record de 2 200 milliards de dollars. Selon lui, au-delà de montrer que « les gens se sentent en insécurité et, pour rechercher la sécurité, achètent des armes », « cela montre qu'(il faut) faire davantage pour instaurer la confiance et résoudre les tensions régionales ».
« Il est de notre responsabilité commune de défendre les principes de sécurité à chaque fois et partout où ils sont menacés - que ce soit en Ukraine, en mer de Chine méridionale ou ailleurs », a ajouté M. Borrell.
De plus, selon M. Borrell, la guerre en Ukraine modifie le rôle des Européens en matière de sécurité et de défense. Si l’Europe « reste un projet pour la paix et sur la paix », M. Borrell a précisé qu’elle devait défendre « ses intérêts, ses domaines stratégiques, que ce soit sur terre, dans l'espace, dans la mer ou dans le cyberespace ». Selon lui, une « Europe plus capable » est un meilleur partenaire et un partenaire plus compétent pour l’Asie.
Face aux tensions croissantes, de la mer de Chine méridionale au détroit de Taïwan en passant par la Corée du Nord, « l'Union européenne défendra toujours le droit international, y compris la Convention des Nations unies sur le droit de la mer et le régime de non-prolifération », a prévenu M. Borrell. Il a salué l’accroissement de la coopération sécuritaire avec l'ANASE, citant des exercices navals régionaux et la participation à l’opération Atalanta.
M. Borrell a aussi mis en avant les dialogues sur la sécurité et la défense, notamment avec la Chine, le Japon, l'Inde, et la Corée du Sud. « Ce type de coopération peut-être plus qu'un simple dialogue (…), il faut le rendre aussi concret et opérationnel que possible », selon lui. (Camille-Cerise Gessant)