Les ministres chargés des Transports de la République tchèque, de l’Allemagne, de l’Italie, de la Pologne, du Portugal, de la Roumanie et de la Hongrie, se sont réunis à Strasbourg, lundi 13 mars, pour tenter de parvenir à une position commune concernant la fin de la vente de voitures et camionnettes neuves à moteur thermique en 2035 (EUROPE 13134/1).
Cette rencontre intervient alors que l’Allemagne avait annoncé, le 28 février dernier, qu’elle ne validerait l’accord auquel les États membres et le Parlement européen étaient parvenus que si la Commission européenne présentait une nouvelle proposition législative permettant de poursuivre l’immatriculation de nouveaux véhicules fonctionnant avec des e-carburants (‘E-Fuels’), censés être neutres en carbone (EUROPE 13131/6).
« Nous discuterons des actes législatifs récents qui influencent fortement le secteur automobile et de l'abordabilité future de la mobilité individuelle dans l’UE », a déclaré le ministre tchèque chargé des Transports, Martin Kupka, avant le début de la réunion.
Le changement d’humeur de Berlin vis-à-vis du texte sur la fin de la vente de véhicules à moteur thermique en 2035 avait grandement surpris au sein des institutions européennes. En effet, l’Allemagne avait soutenu l’accord interinstitutionnel le 27 octobre dernier. Celui-ci avait été formellement adopté par le Parlement européen le 14 février. L’adoption par les États membres n’aurait donc dû être qu’une formalité, le 7 mars, mais, faute de majorité qualifiée parmi les États membres, la Présidence tchèque du Conseil de l’UE avait décidé de reporter le vote « à une date ultérieure ».
Cependant, depuis l’opposition affichée par Berlin, d’autres États membres ont rejoint la position allemande. « Je m'opposerai moi aussi à l'interdiction du moteur à combustion interne », dans le cas où les dirigeants de l'UE voteraient en faveur du texte, a prévenu, lundi 13 mars, le chancelier fédéral autrichien, Karl Nehammer, s’interrogeant sur l’approche défendue par l’UE, qui « ne se concentre que sur un seul mécanisme de propulsion ».
Des discussions sur 'Euro 7'
En outre, les ministres des Transports réunis à Strasbourg sont aussi revenus sur le projet de norme ‘Euro 7’ (EUROPE 13124/24), qui prévoit de renforcer les limites d'émission de polluants nocifs pour la santé.
« Nous discuterons de la manière de modifier la norme d'émission ‘Euro 7’ proposée afin qu'elle soit acceptable pour l'industrie automobile de l'UE et ses clients », avait également détaillé M. Kupka.
L’annonce de cette réunion a provoqué des réactions parmi les eurodéputés, qui se réunissent cette semaine à Strasbourg en séance plénière (EUROPE 13139/20).
« L’heure est grave. Nous apprenons qu’un groupe de gouvernements va se réunir à Strasbourg pour organiser une riposte contre le projet de norme 'Euro 7'. Ce groupe abordera également la question de l’interdiction des ventes de voitures thermiques en 2035, s’engouffrant ainsi dans la brèche ouverte par l’Allemagne il y a dix jours », a commenté Karima Delli (Verts/ALE, française).
« Ces revirements politiques suivant une stratégie industrielle court-termiste ne permettront pas à l’industrie automobile européenne d’être compétitive alors que Chinois et Américains s'électrifient à marche forcée », a-t-elle complété. (Thomas Mangin)