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Bulletin Quotidien Europe N° 13140
ACTION EXTÉRIEURE / Proche-orient

Nataliya Apostolova met en garde contre un risque de violence accrue dans les prochaines semaines

La cheffe de la mission de l’UE de soutien à la police dans les territoires palestiniens EUPOLCOPPS, Nataliya Apostolova, a mis en garde, lundi 6 mars, contre une possible hausse de ces violences à l’occasion des prochaines fêtes religieuses, estimant que la violence était un des plus grands défis du moment au Proche-Orient.

Ces derniers jours, les attaques des Palestiniens, des colons israéliens et les incursions - meurtrières - des forces armées israéliennes, en plein jour, se multiplient.

En 2022, plus de 150 personnes avaient été tuées par les forces israéliennes en Cisjordanie, dont 30 enfants, soit le nombre le plus élevé depuis la fin de la deuxième Intifada, en 2005. Et le début de 2023 donne peu d’espoir. En date du 12 mars, 80 Palestiniens avaient déjà perdu la vie, y compris des femmes et des enfants, tout comme 14 Israéliens.

Vendredi 10 mars, l’UE a condamné l’attentat terroriste dont le Hamas a revendiqué la responsabilité, la veille, au cœur de Tel-Aviv, qui a fait trois blessés. « Cet acte insensé démontre une fois de plus à quel point il est urgent d'arrêter le cycle de la violence et de désamorcer la situation », a prévenu le porte-parole du Service européen pour l’action extérieure.

« Le défi devient encore plus grand, le ramadan commence bientôt et cette année, malheureusement, du point de vue sécuritaire, il coïncide avec les festivités juives. Les deux parties souhaitent se rendre à la mosquée Al Aqsa et ses environs pour prier. Cela va bien sûr poser de nombreux problèmes de sécurité », a expliqué Mme Apostolova à un groupe de journalistes européens en visite à Ramallah, dont EUROPE. L’Administration civile israélienne dans les Territoires palestiniens (COGAT) a déjà instauré des restrictions de mouvement entre la Cisjordanie et Jérusalem Est.

Les Palestiniens font également face à la violence en hausse de la part de certains colons. « Chaque colon possède une mitrailleuse. Et tous les colons, sans exception, servent dans l'armée. La différence entre un colon et un soldat est donc nulle. Ils sont identiques », a estimé le Premier ministre palestinien, Mohammad Shtayyeh, lors d’une rencontre avec des journalistes européens, dont EUROPE, mercredi 8 mars.

Et selon une source internationale, les forces armées israéliennes utilisent de plus en plus d'armes avec des munitions létales lors de leurs interventions en Palestine.

Pour Mustapha Barghouti, politicien et président de la Palestinian Medical Relief Society (PMRS), les événements à Huwara, le 26 février, lors desquels des colons israéliens ont incendié des maisons et des commerces palestiniens (EUROPE 13138/18), sont une « menace réelle de ce qui peut arriver aux Palestiniens ». Selon lui, cela n’est pas le fruit du hasard et pourrait se reproduire.

Quelques jours après les événements, le ministre israélien des Finances, également chargé des affaires civiles en Cisjordanie au sein du ministère de la Défense, Bezalel Smotrich, avait expliqué qu’Israël devait anéantir Huwara, une déclaration dénoncée par le Premier ministre, Benjamin Netanyahou.

De plus, pour la cheffe de la mission d’EUPOLCOPPS, la violence des colons est un « trouble » pas seulement pour la partie palestinienne, mais aussi pour la partie israélienne, qui doit mettre de l’ordre et « mettre des limites aux colons dans ce qu’ils font ».

Les participants des accords d’Aqaba doivent d’ailleurs se retrouver dans les prochains jours, en Égypte, pour discuter des questions sécuritaires. (Camille-Cerise Gessant)

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