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Bulletin Quotidien Europe N° 13140
Invasion Russe de l'Ukraine / Social

Les États membres de l'UE identifient les obstacles à lever pour faciliter l'accès des Ukrainiens à l'emploi

Les ministres des Affaires sociales et de l’Emploi des États membres de l'Union européenne ont dressé un bilan relativement positif, lundi 13 mars à Bruxelles, du degré d’intégration des réfugiés ukrainiens sur leurs marchés de l’emploi et ont identifié les domaines où les États membres peuvent encore progresser, entre obstacles linguistiques, accès pour les mères ukrainiennes aux services de garde d’enfants et certification des qualifications professionnelles.

Pour le ministre suédois de l’Emploi et de l’Intégration, Johan Pehrson, si le soutien nécessaire aux réfugiés ukrainiens sera apporté aussi longtemps que nécessaire et que les mesures au titre de la directive sur la protection temporaire doivent être prolongées, il convient aussi de préparer ces réfugiés au retour dans leur pays en leur évitant de perdre leurs compétences ou qualifications.

Le ministre n’a pas écarté un « risque » que la lassitude s’installe dans les États membres en ce qui concerne l’aide apportée aux Ukrainiens et qu’ils « baissent les bras ». « On doit faire le point et discuter entre nous de la façon de restaurer la paix », mais, en attendant, il faudra continuer à se demander « comment faciliter la situation » des réfugiés ukrainiens sur le marché du travail, a-t-il ajouté au terme de cette réunion ministérielle.

Les ministres ont en effet fait le point, en présence de la ministre ukrainienne des Affaires sociales, Oksana Zholnovych, sur leurs mesures d’insertion professionnelle et d’accès aux aides sociales des 4 millions de réfugiés ukrainiens disposant dans l’UE de la protection temporaire. 1 million d'entre eux sont actuellement en activité dans l'UE.

Si l’intégration s’avère relativement sans heurts dans certains pays - comme en Espagne, où elle a été « plus importante que prévu », ou au Danemark, où les réfugiés peuvent bénéficier de la « grande souplesse du marché du travail » -, cette intégration pose plus de défis ailleurs, comme en République tchèque ou en Bulgarie.

En République tchèque, le taux d’emploi de ces personnes réfugiées est ainsi très faible, et les offres d’insertion ou de formation ne trouvent pas forcément preneur, la plupart des réfugiés se projetant surtout vers un retour dans leur pays, a témoigné le ministre Marian Jurecka.

En Bulgarie, les autorités ont également du mal à établir des contacts avec les réfugiés ukrainiens regroupés vers la mer Noire. Trouver un emploi, pour eux, s’avère beaucoup plus dur dans les régions isolées que dans les grandes villes. « Seulement 10% des réfugiés ukrainiens de Bulgarie travaillent, malgré les offres disponibles », a ainsi dit Natalia Efremova.

Principal pays d’accueil des réfugiés ukrainiens, la Pologne peut en tout cas « encore absorber dans l’emploi une grosse partie des réfugiés », a dit la ministreMarlena Maląg alors que 1,7 million d’Ukrainiens sont enregistrés dans le pays. « On a facilité l’accès au marché de l’emploi pour les intégrer » et des efforts ont été faits pour leur apprendre le polonais. Le système de reconnaissance des qualifications professionnelles pour certaines professions réglementées a aussi été assoupli.

Pour l’Allemagne, second pays d’accueil dans l’UE des réfugiés ukrainiens, qui sont 1 million dans le pays, l’intégration dans le marché de l’emploi a présenté quelques défis au départ et fait augmenter le taux de chômage du pays. Environ 157 000 Ukrainiens étaient dans une situation d’emploi fin décembre, et 663 000 touchaient une assurance de base. Le pays, comme d’autres, a misé sur les cours de langue et la reconnaissance des diplômes et qualifications professionnelles.

En Italie, l’intégration des Ukrainiens dans le marché de l’emploi s'est faite dans un contexte de préoccupation constante au sujet de l’inflation, des coûts de l’énergie et de la perte de compétitivité des entreprises. Le marché de l’emploi en subit les effets. Sur 170 000 personnes accueillies en Italie, 27 000 se trouvent en situation d’emploi.

La Commission va en tout cas continuer d'aider les États membres à guider les réfugiés ukrainiens dans l’emploi et la formation et à faciliter la reconnaissance de leurs qualifications alors qu’une partie des réfugiés se trouvent « dans des secteurs qui ne leur correspondent pas », a dit, pendant le débat public, le commissaire européen à l’Emploi, Nicolas Schmit. (Solenn Paulic)

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