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Bulletin Quotidien Europe N° 13138
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ACTION EXTÉRIEURE / Proche-orient

Inquiets de l’augmentation de la violence, les Européens appellent au calme

L’Union européenne et ses États membres ont fait part, mercredi 8 mars, de leur profonde préoccupation concernant la montée des violences et de l'extrémisme en Israël et dans les territoires palestiniens occupés, « qui font un nombre effroyable de victimes israéliennes et palestiniennes, y compris des enfants ».

« La situation à Gaza et en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, est très préoccupante », a souligné le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell.

Depuis la publication de la déclaration de l’UE, dans la nuit du 8 au 9 mars, trois Palestiniens ont été tués dans un raid des forces armées israéliennes à Jaba, près de Jenine. Mardi 7 mars, lors d’une incursion à Jenine à la recherche du responsable de la mort de deux Israéliens, les forces de sécurité israéliennes avaient tué six personnes. Lundi 6 mars, à Huwara, des colons s’en étaient de nouveau pris à des Palestiniens (EUROPE 13131/15).

Le Haut Représentant a appelé Israéliens et Palestiniens à « désamorcer la situation » et à « s'abstenir de toute action susceptible d'accroître le niveau de tension déjà élevé ».

Après les incendies à Huwara provoqués par des colons israéliens, le ministre des Finances israélien, également chargé des affaires civiles en Cisjordanie au sein du ministère de la Défense, Bezalel Smotrich, avait préconisé d'anéantir Huwara. Une déclaration dénoncée par le Premier ministre, Benjamin Netanyahou.

M. Borrell a rappelé que les colonies israéliennes – 150 colonies et 100 avant-postes accueillant plus de 600 000 colons – étaient illégales au regard du droit international, appelant l’État hébreu à stopper leur expansion. « Israël doit prévenir la violence des colons et veiller à ce que les auteurs de ces actes soient tenus pour responsables », a-t-il ajouté, demandant également que les opérations militaires soient proportionnées et conformes au droit humanitaire international (EUROPE 13128/18).

« Il faut mettre fin immédiatement aux attaques terroristes, qui doivent être condamnées par tous », ont en outre affirmé l’UE et ses États membres.

Les Européens estiment que la situation humanitaire désastreuse à Gaza exige un nouvel assouplissement des restrictions. Le blocus de Gaza, territoire de 1,9 million d’habitants, dure depuis 16 ans.

Et, à quelques jours du Ramadan et de la Pâque juive, M. Borrell a rappelé que le statu quo des lieux saints devait être maintenu, conformément aux accords antérieurs et dans le respect du rôle particulier de la Jordanie. « La coexistence pacifique entre Chrétiens, Juifs et Musulmans doit être maintenue », a-t-il prévenu.

L’an dernier, lors du Ramadan, de violents heurts avaient eu lieu à la mosquée Al Aqsa entre les forces de sécurité israéliennes et les croyants.

Saluant les efforts des États-Unis, de la Jordanie et de l'Égypte en vue d'un apaisement, le Haut Représentant a appelé toutes les parties à respecter « en toute bonne foi » les dispositions du communiqué d'Aqaba (EUROPE 13131/15). Or, depuis, les dirigeants israéliens et palestiniens se sont montrés peu enclins à respecter les mesures identifiées pour faciliter un retour au calme.

Plus largement, M. Borrell a rappelé qu’il était essentiel de rétablir un horizon politique vers une solution à deux États, Israël et la Palestine. « Seul un accord négocié offre une chance de sécurité et de paix pour tous », a-t-il souligné, estimant qu'il était urgent d’ouvrir une nouvelle perspective de paix. Le 13 février, M. Borrell, le ministre saoudien des Affaires étrangères et le Secrétaire général de la Ligue arabe étaient convenus de relancer l'initiative de paix arabe (EUROPE 13120/13).

Mercredi, lors d’une rencontre avec des journalistes, dont EUROPE, le Premier ministre palestinien, Mohammad Shtayyeh, qui croit en une solution à deux États, a estimé qu’il fallait « dégeler l’initiative de la Ligue arabe ».

« Si nous ne pouvons pas forcer les parties à faire la paix, nous partageons la responsabilité de préparer le terrain. La sécurité, l'État de droit et la paix au Proche-Orient sont des priorités pour l'UE et les États membres », a conclu M. Borrell. (Camille-Cerise Gessant)

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