Dans un rapport sur la Hongrie publié jeudi 9 mars, la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance du Conseil de l’Europe (ECRI) dénonce une « xénophobie de plus en plus présente » dans le discours politique et public, dérive qui « a pris des connotations extrêmement clivantes et hostiles » à l’encontre des réfugiés, des demandeurs d’asile, des migrants, des musulmans et des personnes LGBTI.
Les experts du Conseil de l’Europe encouragent les « responsables politiques de tous bords » à prendre « rapidement, fermement et publiquement » position contre ce type de propos et à leur opposer « contre discours » et « discours alternatif ».
Ils réclament aussi la « mise en œuvre prioritaire » de deux recommandations :
- d’une part, un examen indépendant des mesures législatives adoptées dans le cadre de l’« état de danger » décrété pendant la pandémie de Covid-19 et de leurs conséquences pour les groupes relevant du mandat de l’ECRI (notamment les personnes LGBTI) ;
- d’autre part, un renforcement des capacités des services de l’application des lois à identifier et traiter efficacement les propos et infractions racistes et LGBTIphobes, ce qui devrait passer par une formation adaptée.
Ces recommandations feront l’objet d’une procédure de suivi au plus tard dans deux ans.
L’ECRI réclame aussi une campagne de sensibilisation sur les voies de recours dont disposent les victimes de discrimination, des mesures législatives urgentes pour assurer la reconnaissance de l’identité de genre, la fin de toute ségrégation concernant la scolarité des enfants roms ainsi qu’une stratégie complète pour l’intégration des migrants.
Au rang des évolutions positives, les experts relèvent le renforcement des enquêtes de police sur les crimes de haine, des efforts en faveur de l’inclusion des Roms (à accentuer en matière de scolarisation) et la protection accordée aux réfugiés venus d’Ukraine.
Lien vers le rapport de l'ECRI : https://aeur.eu/f/5po (Véronique Leblanc)