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Bulletin Quotidien Europe N° 13118
RÉUNION EXTRAORDINAIRE DU CONSEIL EUROPÉEN / Migration

Financement européen de 'murs' anti-migrants, les dirigeants européens optent pour un langage flou permettant de contenter tout le monde

Les dirigeants européens ont adopté, dans la nuit de jeudi 9 à vendredi 10 février, au terme d’une longue discussion, des conclusions sur la migration reflétant la demande de certains États membres de protéger leurs frontières extérieures et de disposer, pour cela, de nouveaux fonds européens, mais aussi celle des pays souhaitant éviter tout financement européen direct de clôtures ‘anti-migrants’.

Ils ont aussi discuté des inquiétudes de l’Italie à ses frontières maritimes et des activités des ONG opérant en mer pour sauver des migrants. Les conclusions sur le sujet sont toutefois restées inchangées, ouvrant la porte à un cadre de coordination pour les opérations de sauvetage en mer des ONG, comme le demandait Rome, tout en leur permettant d’opérer, comme le réclamait de son côté Berlin.

Ils ont encore acté le lancement de deux projets pilotes, à la fois sur les moyens de protection des frontières, avec le recours à un ensemble d’outils comme des caméras, des véhicules ou des tours de surveillance, et un autre projet sur la mise en œuvre de procédures à la frontière et de retours plus rapides, a expliqué la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, à l’issue du sommet.

Sur le sujet controversé des moyens de protection des frontières extérieures, les dirigeants ont ainsi, dans les conclusions adoptées, acté un paragraphe assez flou invitant la Commission à « financer les mesures prises par les États membres qui contribuent directement au contrôle des frontières extérieures de l'Union européenne, telles que les projets pilotes de gestion des frontières, ainsi qu'à l'amélioration du contrôle des frontières dans les pays clés sur les routes de transit vers l'Union européenne. »

Ils ont aussi maintenu le langage des conclusions précédentes sur le financement d’infrastructures et de capacités aux frontières extérieures, sans jamais non plus se référer à des murs.

Sur les retours, les dirigeants ont continué à demander l’utilisation de tous les leviers de la politique des visas, y compris une politique restrictive ou commerciale, même si la présidente de la Commission a aussi insisté sur des leviers positifs comme « la migration légale ».

Les dirigeants feront à nouveau le point sur la migration lors du Conseil européen des 23 et 24 mars, a annoncé de son côté le président du Conseil européen, Charles Michel. Les ministres des Affaires intérieures devraient à leur niveau être sollicités à la fois sur l’application des règles de Dublin et la problématique des ONG.

Le sujet des ‘murs’ anti-migrants a en tout cas animé une partie des débats et les dirigeants étaient très divisés sur le sujet jeudi matin.

La présidente de la Commission a pourtant exposé à nouveau la position de son institution : si les États membres peuvent protéger leurs frontières externes comme ils le souhaitent avec « le financement national », « on est très clair » sur ce que signifie la « gestion de la frontière », la présidente écartant donc à nouveau le financement européen pour des murs.

Si l’Autriche, la Grèce, mais aussi l’Italie ont soutenu à leur arrivée la demande de financer des ‘murs’ aux frontières extérieures, à commencer par la frontière entre la Bulgarie et la Turquie, d’autres pays ont rapidement mis en garde contre des solutions qui n’ont jamais prouvé leur efficacité, à l’instar du Luxembourg, dont le Premier ministre, Xavier Bettel, qui a cité le mur entre les États-Unis et le Mexique.

En quittant le Conseil européen, la Première ministre finlandaise, Sanna Marin, a réitéré son opposition.

« Nous avons vu des menaces plus concrètes lorsqu'il s'agit, par exemple, de la menace hybride qui influence les frontières. La Finlande a décidé de s'assurer d'avoir les capacités de surveiller toutes les frontières, quelle que soit la situation, mais, bien sûr, nous ne voulons pas d'une Europe divisée avec, par exemple, des clôtures aux frontières ».

Interrogé sur le sujet, le chancelier allemand, Olaf Scholz, a préconisé des solutions « pragmatiques » et une approche holistique. « L’Allemagne est prête à apporter sa contribution lorsque les pays de Méditerranée demandent à accueillir des réfugiés », a-t-il ajouté.

Pour le président français, Emmanuel Macron, le débat était « plus apaisé qu’en 2018 » et a montré la volonté d’améliorer « le respect des procédures, plus de responsabilité et la répartition de la charge entre États membres. Les débats vont continuer ». « S’il faut maîriser les flux vers l’UE, on a besoin d'une immigration pour le travail, les compétences », a aussi commenté le président.

Lien vers les conclusions :  https://aeur.eu/f/5ai (Solenn Paulic et la rédaction)

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