L'Union européenne, les États-Unis, l'Union africaine, l'Espagne, l'Allemagne, la Colombie et le Nigéria se sont engagés, dans une déclaration commune de leurs dirigeants, à lutter de manière coordonnée contre l'insécurité alimentaire des pays les plus vulnérables, mardi 20 septembre à New York, lors d'un sommet sur la sécurité alimentaire mondiale organisé en marge de la 77e Assemblée générale des Nations Unies (UNGA-77), qui se tient sur fond de crises multiples.
« Les gens souffrent et les plus pauvres sont les plus affectés », avait déploré le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, dans son discours d'ouverture.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a confirmé l'engagement de l'UE à combattre, sous la coordination de l'ONU, « l'insécurité alimentaire exacerbée par la guerre de la Russie en Ukraine ».
Sur la même ligne, le président du Conseil européen, Charles Michel, a jugé « inacceptable » que « plus de 200 millions de personnes dans le monde aient cruellement besoin de nourriture et que davantage encore risquent de mourir de faim ».
La déclaration commune s'inscrit dans le droit fil du sommet de l'ONU sur des systèmes alimentaires durables, organisé en 2021 à Tokyo (EUROPE 12917/20).
Les signataires soulignent « la nécessité d'agir avec une urgence soutenue et en coordination pour atteindre les objectifs » de ce sommet « ainsi que pour répondre aux besoins humanitaires immédiats et construire une agriculture et des systèmes alimentaires plus résilients ».
Ils s'engagent « à une action urgente, d'ampleur et menée de concert pour répondre aux besoins alimentaires et nutritionnels urgents de centaines de millions de personnes dans le monde entier », selon sept lignes d'action, à savoir :
- faire de nouveaux dons financiers aux principales organisations humanitaires pour accroître l'aide humanitaire immédiate ;
- faire des dons en nature aux principales organisations humanitaires pour permettre la livraison de denrées alimentaires en fonction des besoins des pays touchés ;
- maintenir ouverts les marchés des denrées alimentaires, des engrais et des produits agricoles et éviter les mesures restrictives injustifiées qui augmentent la volatilité des marchés et menacent la sécurité alimentaire et nutritionnelle ;
- soutenir une augmentation de la production d'engrais, accélérer et développer les innovations en matière d'engrais, soutenir leur commercialisation et promouvoir des méthodes permettant de maximiser l'efficacité des engrais.
- accélérer les efforts visant à soutenir une agriculture et des systèmes alimentaires durables en renforçant la productivité agricole, en particulier dans les pays les plus touchés, pour soutenir leur résilience ;
- accroître les investissements dans la recherche et la technologie afin de développer et de mettre en œuvre des innovations agricoles fondées sur la science et résilientes au climat, y compris les semences, qui contribuent à la mise en place de secteurs agricoles et de systèmes alimentaires durables et résilients ;
- surveiller les marchés ayant une incidence sur les systèmes alimentaires, y compris les marchés à terme, afin de garantir une transparence totale et de partager des données et des informations fiables sur l'évolution des marchés alimentaires mondiaux. (Aminata Niang)