Dans une lettre datée du 10 septembre, la ministre française de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, a interpellé la commissaire européenne à l’Énergie, Kadri Simson, afin de défendre la place de l’énergie nucléaire dans la production d’hydrogène.
La ministre s’inquiète de l’approche que pourrait suivre l’UE en privilégiant l’hydrogène renouvelable, produit grâce à de l’électricité provenant de sources renouvelables, au détriment de l’hydrogène bas carbone, produit notamment grâce à des centrales nucléaires.
La lettre, dévoilée par Euractiv, souligne notamment que le principe d’additionalité – critère visant à éviter une cannibalisation de l’électricité renouvelable pour la production d’hydrogène renouvelable – « s’applique mal aux pays disposant d’un mix électrique déjà largement décarboné, où l’approvisionnement en électricité par le réseau doit être traité à parité avec des approvisionnements directs par des contrats avec des sources renouvelables ».
Mme Pannier-Runacher appelle donc la Commission à prévoir, dans son projet d’acte délégué sur l’hydrogène renouvelable (EUROPE 12959/22), une dérogation pour « les pays dont le mix énergétique satisfait un contenu carbone inférieur à 80gCO2/MWh ».
Elle critique en outre le critère selon lequel l’électricité utilisée pour la production d’hydrogène renouvelable ne peut être produite grâce à des soutiens financiers publics ainsi que l’approche consistant à comptabiliser uniquement l’hydrogène renouvelable dans les objectifs en matière d’énergie renouvelable.
Sur ce dernier point, Mme Mme Pannier-Runacher propose de laisser aux États membres la possibilité d’exclure les énergies bas-carbone comme le nucléaire du calcul des dénominateurs des objectifs des énergies renouvelables.
La ministre demande par ailleurs à la Commission de s’assurer que les exigences de l’UE s’appliquent également à l’hydrogène importé.
Voir la lettre : https://aeur.eu/f/35s (Damien Genicot)