La révision de la directive 'Solvabilité II' encadrant le secteur de l’assurance aura un impact limité sur les investissements en actions, ont conclu Willem Pieter De Groen et Inna Oliinyk, chercheurs au sein de l'Unité Marchés et Institutions Financiers du think tank CEPS (Centre for European Policy Studies). Dans une étude demandée par la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen (ECON), parue lundi 19 septembre, les experts estiment que, pour augmenter de manière significative les investissements en actions, il faudrait cibler des facteurs autres que les facteurs prudentiels.
Selon les deux chercheurs, les compagnies d'assurance de l'Union européenne n'investissent environ que 1 400 milliards d'euros en capitaux propres, à l'exclusion des investissements dans les parties liées, ce qui équivaut à environ 16% de leurs investissements totaux, fin 2021.
Ce sous-investissement peut s'expliquer à la fois par des facteurs internes et externes. Les principaux facteurs internes concernent la gestion de l'actif et du passif et les caractéristiques du passif, tandis que les principaux facteurs externes concernent les conditions des marchés financiers et le cadre réglementaire, notamment les normes comptables et le traitement fiscal.
Parmi les propositions de révision, celle qui veut élargir les limites supérieures et inférieures de l'ajustement symétrique n'aura probablement d'impact sur les exigences de fonds propres que dans des conditions de marché extrêmes, ce qui est assez rare. De même, la clarification et l'élargissement des critères d'investissement en actions à long terme ainsi que les changements concernant le module d'actions basé sur la durée ne devraient pas avoir d'impact significatif.
Pour augmenter de manière significative les investissements en actions, les chercheurs recommandent d'aller au-delà du traitement prudentiel des fonds propres. Les deux pistes à envisager consistent (1) à développer le segment des produits en unités de compte et indexés, qui investissent relativement le plus en actions ; (2) à rendre plus attractif l'investissement en actions pour les compagnies d'assurance vie et composite.
Pour lire l'analyse du CEPS (en anglais) : https://aeur.eu/f/35n (Anne Damiani)