Le premier vice-ministre ukrainien de la Politique agraire et de l'Alimentation, Taras Vysotskyi, a fait part, jeudi 1er septembre, de son « optimisme » sur la production agricole du pays, malgré les défis posés par l’assaillant russe et la hausse des coûts de production, notamment les prix élevés des fertilisants.
S'agissant des exportations, l'objectif d'expédier entre 5 et 6 millions de tonnes (t) de céréales et d'huile n'est pas encore atteint, selon lui.
Taras Vysotskyi a indiqué en visioconférence que la saison des semis s'est achevée en juin, avec une baisse de 25% comparé à 2021 des surfaces plantées en céréales de printemps. « Nos prévisions sont : 10 millions de t de graines de tournesol, 3,5 millions t de soja (4,5 millions t, selon les dernières prévisions) et 27 millions t pour le maïs (contre presque 40 millions de t en 2021). Nous avons besoin de 7 millions de t de maïs pour notre consommation ».
Les exploitants ukrainiens ont commencé à planter les céréales d’hiver. Une bonne récolte est attendue pour le colza, selon le vice-ministre ukrainien.
En avril dernier, les capacités d’exportations de l’Ukraine (céréales, huiles) étaient d’un million de t par mois. En août, elles sont de 3 millions de t environ (sans l’aide des ports de la mer Noire). Grâce à l’accord international sur les céréales, 1,3 million de t ont été expédiées via les ports de la mer Noire (donc autour de 4,3 millions de tonnes). « Mais ce n’est pas assez : avant la guerre, la moyenne était de 6 millions de t par mois », a précisé M. Vysotskyi.
En tenant compte de la consommation interne de céréales et d’huile (20 millions de t), « nous avons la possibilité d’exporter durant cette campagne environ 65 ou 70 millions de t. Il faut donc une capacité minimale de 5 millions de t par mois en moyenne ou jusqu’à 6 millions de t. C’est notre objectif », a-t-il fait valoir.
Enfin, il a évalué à 12 millions de t le volume des pénuries de stockage de céréales en Ukraine : 20 millions de t, moins les 8 millions qui pourraient être exportées d'ici novembre via les ports de la mer Noire. « Ce n'est pas si critique », a conclu Taras Vysotskyi. (Lionel Changeur)