Après un été marqué par une escalade des tensions entre Pékin et l'île de Taïwan, le président de la commission des affaires étrangères au PE, David McAllister, a proposé un débat de dernière minute à propos de Taïwan à ses collègues, jeudi 1er septembre. « Nous ne pouvons pas et ne tolérerons pas une atteinte unilatérale de changer le statu quo et encore moins par la force », a-t-il déclaré en ouvrant la discussion.
Ses collègues ont montré leur inquiétude face aux actions chinoises à l'encontre de leur voisin. Depuis des mois, ils n'ont de cesse de réclamer un resserrement des liens entre l'UE et Taïwan. Au PPE, comme chez les Verts/ALE, les élus appellent à démarrer le travail sur un accord bilatéral d'investissement. « Maintenant que l'accord d'investissement UE-Chine est complètement sorti de l'agenda, je ne vois pas de raisons de retarder l'étude exploratoire sur l'accord bilatéral d'investissement » avec Taïwan, a répété Reinhard Bütikofer (Verts/ALE, allemand), président de la délégation pour les relations avec la Chine au PE.
Dominic Porter, du Service européen de l'action extérieure (SEAE), a rappelé aux députés qu'un tel accord n'était pas sur la table pour le moment à la Commission.
En ce qui concerne la démarche à suivre pour limiter les tensions dans le détroit de Taïwan, la diplomatie et le dialogue sont de mise, selon lui. Le principe d'une seule Chine doit à tout prix être réaffirmé et, en même temps, « l'UE ne fera pas de compromis s'agissant de promouvoir la paix ».
Comment alors tenter de maintenir la paix dans la région ? M. Porter n'a pas préconisé d'actions précises face à cette question des députés, mais a rappelé maintes fois qu'un dialogue ouvert était nécessaire.
Le même jour, le président français, Emmanuel Macron, a affirmé de son côté que, dans ce contexte, la France n'était pas dans une logique de confrontation avec la Chine dans la région indopacifique. (Léa Marchal)