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Bulletin Quotidien Europe N° 13012
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ACTION EXTÉRIEURE / Chine

L'UE salue la publication du rapport de l'ONU sur la situation au Xinjiang

Quelques minutes avant la fin du mandat du Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH), Michelle Bachelet, son bureau a publié un rapport attendu sur la situation des droits de l'Homme dans la région chinoise du Xinjiang, mercredi 31 août. 

Quelques jours plus tôt, Michelle Bachelet avait déclaré, lors d'un événement à Genève, avoir subi des pressions de part et d'autre quant à la publication du document. Elle avait alors indiqué vouloir le rendre public avant la fin de son mandat. 

Le texte de 48 pages, basé sur des entretiens, des images satellites, des déclarations des autorités chinoises et autres sources, fait état de possibles « crimes contre l'humanité » dans la région du Xinjiang.

« L'UE salue la publication du rapport sur les inquiétudes quant aux droits humains dans la région autonome du Xinjiang en Chine par le HCDH », a déclaré le Haut représentant de l'UE pour les affaires étrangères, Josep Borrell. Et d'ajouter que l'UE se joignait aux appels des experts des Nations unies « à surveiller de près, rapporter et évaluer la situation des droits de l'Homme en Chine ». 

Le rapport fait état d'un « schéma de détention arbitraire à grande échelle » au Xinjiang au moins entre 2017 et 2019 dans des établissements sécurisés et présentés comme des centres de formation professionnelle. Ces formations professionnelles font initialement partie de la politique chinoise pour « déradicaliser » ceux qu'ils considèrent comme des terroristes religieux. La communauté ouïghoure et d'autres minorités ethniques, surtout musulmanes, sont surtout visés.

Des dizaines de témoignages de victimes ont permis aux auteurs du rapport d'estimer « crédibles » les accusations de torture et de violences sexuelles au sein des établissements d'internement. Environ une vingtaine de détenus ont déclaré avoir été torturés lors d'interrogatoires, privés de sommeil et de nourriture, avoir subi des abus sexuels et été obligés à ingérer des médicaments.

L'absence de mesures par les autorités chinoises pour empêcher ou remédier à de tels abus, ainsi que le comportement du gouvernement envers les dénonciateurs, tendent à confirmer les allégations, selon les auteurs du rapport. 

La Chine est également soupçonnée de limiter les naissances dans les camps du Xinjiang. Plusieurs femmes ont indiqué à l'ONU avoir été contraintes d'avorter ou de se faire poser un stérilet. Là encore, ces accusations sont jugées crédibles par le HCDH.

Enfin, les auteurs soupçonnent l'usage du travail forcé au sein des centres d'enfermement. Le rapport fait état « d'indications » faisant apparaître des schémas de travail discriminatoires « qui impliquent des éléments de coercition ». Les auteurs ne confirment pas ces allégations, mais estiment que cela nécessite des clarifications de la part de Pékin.

Pour le député Raphaël Glucksmann (S&D, français), l'UE doit réagir, notamment en utilisant le levier de sa future directive sur le devoir de vigilance des entreprises, avec des sanctions contre les responsables de la répression, et avec la future proposition pour interdire les produits issus du travail forcé (voir autre nouvelle). (Léa Marchal)

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