Le commissaire général de l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), Philippe Lazzarini, a dénoncé, mercredi 31 août, les « campagnes coordonnées par des groupes de pression à motivation politique », qui accusent les livrets scolaires utilisés par l’UNRWA de diffuser des messages de haine, estimant qu'il s'agissait d'accusations « sans fondement et éhontées ».
« L'UNRWA a une tolérance zéro pour les discours de haine, l'incitation à la violence et la discrimination », a-t-il souligné en commission des Affaires étrangères du Parlement européen, où la question des livres scolaires a été au cœur des débats.
M. Lazzarini a reconnu que « la tolérance zéro n'équivaut pas au risque zéro - surtout dans l'environnement complexe et hautement politisé et émotionnel dans lequel nous opérons ». Le commissaire général a promis que l’Agence onusienne ne ménagerait aucun effort pour faire respecter les principes humanitaires, notamment la neutralité et les valeurs des Nations unies. Il a ajouté que chaque allégation était prise au sérieux et que des mesures étaient prises dès qu'un incident ou une inconduite étaient confirmés.
De plus, l’UNRWA examine tous les manuels scolaires des pays hôtes en fournissant des conseils à ses enseignants pour garantir que l'enseignement dispensé soit conforme aux valeurs des Nations unies et aux normes de l'UNESCO, a ajouté M. Lazzarini.
Au-delà de cette polémique, le commissaire général est revenu sur la situation des réfugiés palestiniens. « Les conséquences de la guerre en Ukraine se ressentent au plan mondial. Les pays dans lesquels l’UNRWA est présente ne font pas exception. Les prix des produits de base et de la nourriture plongent les réfugiés palestiniens dans une pauvreté accrue avec plus de 80% de la population qui vit en dessous du seuil de pauvreté à Gaza, au Liban et en Syrie », a-t-il expliqué.
Pourtant, « en raison du sous-financement chronique de l'Agence au cours de la dernière décennie, il est de plus en plus difficile pour nous de remplir le mandat que nous avons reçu de l'Assemblée générale des Nations unies », a-t-il prévenu, expliquant que, malgré d'immenses efforts de sensibilisation, le financement a stagné au cours de la dernière décennie, obligeant l’Agence à fonctionner avec un déficit d'environ 100 millions de dollars par an. « On manque de fonds suffisants pour mettre en œuvre notre mandat », a-t-il regretté. L'UNRWA aide 5,7 millions de réfugiés palestiniens.
« Depuis plusieurs années maintenant, nous avons géré ce sous-financement en interne. (...) Nous avons réduit les coûts opérationnels de plus de 600 millions de dollars depuis 2015. Aujourd'hui, nous avons atteint les limites des mesures d'austérité et de contrôle des coûts », a-t-il prévenu.
M. Lazzarini a rappelé que l'UNRWA était le « dernier pilier » de l’engagement de la communauté internationale vis-à-vis des droits des réfugiés palestiniens à une vie digne. (Camille-Cerise Gessant)