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Bulletin Quotidien Europe N° 13009
POLITIQUES SECTORIELLES / Énergie

Réunion d’urgence des ministres de l’Énergie des États membres de l’UE le 9 septembre

Les ministres de l’Énergie des États membres de l’Union européenne se retrouveront à Bruxelles le 9 septembre dans le cadre d’une réunion extraordinaire, a annoncé sur Twitter Jozef Síkela, le ministre tchèque de l’Industrie et du Commerce, dont le pays détient actuellement la Présidence tournante du Conseil de l’UE.

Si l’agenda de la réunion n’est pas encore connu, les ministres devraient discuter de mesures pour faire face à la flambée des prix de l’énergie aggravée suite à l’invasion russe de l’Ukraine.

« Nous devons réparer le marché de l’énergie », a notamment tweeté M. Síkela, laissant présager un débat sur la réforme du marché de l’électricité de l’UE.

À son sens, la tâche principale de l’Union est de « séparer le prix de l’électricité du prix du gaz et d’empêcher ainsi Poutine de dicter à l’Europe les prix de l’électricité avec ses manigances en matière d’approvisionnement en gaz ».

La conception du marché de l’électricité en question

Défendue depuis des mois par l’Espagne et la France, l’idée de réformer le marché de l’électricité de l’UE est aujourd’hui soutenue par de plus en plus d’États membres (le Portugal, l’Italie, la Grèce, Chypre, la Belgique, l’Autriche…)

Dimanche 28 août, la ministre de l’Énergie belge, Tinne Van der Straeten, a ainsi plaidé, dans une série de tweetspour « revoir ce système européen de formation des prix de l’électricité » et « travailler sur un blocage des prix pour le gaz », tout en soulignant l’absence actuelle de « lien entre le coût de production (de l’électricité) et le prix de vente ».

Le même jour, le chancelier autrichien, Karl Nehammer, a appelé l’UE à découpler les prix de détail de l’électricité de ceux du gaz.

Même le gouvernement allemand travaillerait actuellement sur une telle option.

Le chancelier allemand, Olaf Scholz, a d’ailleurs pressé les États membres de s’entendre « rapidement » sur une réforme du marché de l’électricité, lundi 29 août, durant une conférence de presse à Prague.

Le système actuel « ne peut pas être décrit comme fonctionnel, s’il conduit à des prix de l’électricité aussi élevés », a notamment déclaré le chancelier, selon des propos rapportés par l’AFP.

L’idée d’un découplage avait notamment fait l’objet d’une proposition écrite de la Grèce, qui avait reçu le soutien de l’Italie, de Chypre, de la France et de l’Espagne, mardi 26 juillet, lors d’une réunion extraordinaire des ministres de l’Énergie. L’Allemagne, pour sa part, n’avait pas montré un grand enthousiasme, tandis que le Luxembourg et le Danemark avaient exprimé leur réticence (EUROPE 13001/3).

La Commission annonce une « intervention d’urgence »

Du côté de la Commission européenne, la Présidente de l’institution, Ursula von der Leyen, a indiqué que ses services travaillaient actuellement à « une intervention d’urgence et à une réforme structurelle du marché de l’électricité », lundi 29 août, lors d’un discours au Forum stratégique de Bled.

À ses yeux, la flambée des prix de l’électricité « met désormais en évidence les limites de la conception actuelle de notre marché de l’électricité ».

Reste à savoir quand la Commission présentera ses propositions.

Le 26 juillet, la commissaire à l’Énergie, Kadri Simson, avait déclaré qu’une proposition législative visant à réviser le marché de l’électricité de l’Union européenne ne sera prête que l’année prochaine (EUROPE 13001/3). Elle sera précédée par la publication d’une étude d’impact en octobre.

Face à l’urgence de la situation actuelle, l’institution pourrait néanmoins être forcée de présenter des solutions à mettre en œuvre rapidement, telles qu’un plafond au prix du gaz. M. Síkela a ainsi déclaré qu’il s’attendait à une proposition concrète allant dans ce sens cette semaine.

Des experts sceptiques

Si l’idée de réformer le marché de l’électricité de l’UE semble recueillir de plus en plus de soutien parmi les États membres, certains experts demeurent très sceptiques sur les bienfaits d’une telle option.

Lion Hirth, professeur de politique énergétique à Hertie School et directeur du cabinet de conseil Neon Neue Energieökonomik, souligne notamment que la tarification marginale sur laquelle repose le marché de l’électricité de l’UE n’est pas propre à ce marché.

« Le pétrole, le gaz, le cuivre, le lait, les panneaux solaires - ils sont tous soumis à la tarification marginale. Si vous concluez que ce système de marché ne fonctionne plus, vous devriez probablement changer tous ces marchés également », écrit-il ainsi sur Twitter.

Il ajoute que la tarification marginale ne constitue pas « une règle artificielle inventée par une institution ou une personne », mais est « la façon naturelle dont les prix émergent sur des marchés libres ».

Et de conclure : « Si vous voulez changer ce principe, vous devez forcer les gens à changer leur comportement, par exemple par des taxes, des subventions ou des interdictions ».

Selon lui, la réunion d’urgence des ministres de l’Énergie de l’UE devrait plutôt être dédiée à « des mesures radicales et à court terme pour réduire drastiquement la consommation de gaz et d’électricité ». (Damien Genicot)

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