Un nouveau rapport de l'Université de Sheffield Hallam au Royaume-Uni a montré que le Corps de production et de construction du Xinjiang (XPCC), étroitement lié au régime chinois, met en œuvre la persécution des Ouïghours dans la province du Xinjiang. Il démontre, en particulier, que le XPCC agit sous les ordres de hauts fonctionnaires du Parti communiste chinois. Ce à quoi a réagi l'Alliance interparlementaire sur la Chine (IPAC), mercredi 27 juillet.
Les coprésidents de l'Alliance, y compris le député européen Reinhard Bütikofer (Verts/ALE, allemand), ont signé une déclaration appelant les « États démocratiques » à prendre des actions contre le XPCC. Ils réclament, par exemple, des sanctions commerciales supplémentaires envers le XPCC.
L'UE a sanctionné quatre personnes et une entité chinoises en 2021 dans le cadre de son régime mondial de sanctions sur les droits de l'homme (EUROPE 12683/1). Ces mesures touchent notamment le Bureau de sécurité publique du XPCC.
Pour Reinhard Bütikofer, il est clair que l'UE doit « faire preuve de courage » et continuer à sanctionner les responsables des atrocités dans le Xinjiang, car « la Chine n'a aucune intention de parler sérieusement de droits humains avec l'UE », selon lui.
Le 19 juillet, le dialogue économique et commercial de haut niveau UE-Chine a laissé de côté la question des droits humains (EUROPE 12996/3). « L'UE devrait aborder le sujet des droits humains dans tous les dialogues avec la Chine », a estimé M. Bütikofer, interrogé par EUROPE.
Les dirigeants de l'UE avaient évoqué leurs inquiétudes sur la situation des droits de l'Homme lors du sommet UE-Chine du 1er avril avec le président et le Premier ministre chinois, sans obtenir un quelconque engagement de Pékin (EUROPE 12924/1).
Signe d'un éloignement de plus en plus visible entre l'UE et la Chine, la Commission a annoncé il y a quelques mois une modernisation de son format de discussion avec Taïwan en vue de renforcer les liens commerciaux (EUROPE 12964/18). Cela, bien que Pékin désapprouve les relations diplomatiques entre les pays étrangers et l'île de Taïwan. L'UE a également rappelé, le 28 juillet, ses inquiétudes quant aux atteintes aux libertés de la part des autorités hong-kongaises, qui sont directement liées au régime chinois (voir autre nouvelle).
L'IPAC réclame aussi la mise en place d'interdictions à l'importation pour les biens fabriqués par le XPCC et par d'autres entités responsables de travail forcé dans le Xinjiang. La Commission doit justement proposer un règlement en septembre pour s'attaquer à ce problème (EUROPE 13001/8). (Léa Marchal)