Face au risque d’interruption totale des livraisons de gaz russes à l’Union européenne, le Réseau européen des gestionnaires de réseau de transport de gaz (ENTSO-G) a publié un rapport, mercredi 27 juillet, afin d’examiner l’évolution possible de l’approvisionnement en gaz de l’UE ainsi que la capacité des infrastructures gazières à répondre à la demande, aux exportations et aux besoins d’injection de gaz entre le 1er octobre 2022 et le 30 septembre 2023.
La modélisation réalisée par l’ENTSO-G prend en compte les niveaux de stockage réels au 1er juillet 2022, en supposant une rupture totale de l’approvisionnement en gaz russe à partir de cette date jusqu’à fin septembre 2023.
Selon ce rapport, l’UE risque d’être confrontée à un épuisement de la plupart de ses stocks de gaz au cours de la période hivernale 2022/2023 si elle ne met pas en œuvre immédiatement des mesures pour atténuer l’impact d’un arrêt des livraisons russes.
De plus, la plupart des pays d’Europe centrale et orientale, d’Europe du Nord-Ouest et d’Europe du Sud-Est ne seront pas en mesure de remplir suffisamment les stocks de gaz pendant l’été 2023 pour garantir la sécurité de l’approvisionnement gazier pour l’hiver 2023/2024.
« Il est donc essentiel que toutes les organisations européennes responsables des stocks continuent à injecter du gaz autant que possible pendant l’été 2022, afin que nous soyons dans la meilleure position possible pour les hivers à venir », insiste l’ENTSO-G.
Le rapport présente ensuite les quatre mesures d’atténuation « les plus efficaces » aux yeux des gestionnaires des réseaux gaziers : - améliorer la coopération entre les États membres et faciliter une utilisation plus efficace des stocks en renforçant la capacité européenne ; recourir à des volumes supplémentaires de gaz naturel liquéfié (GNL) disponibles sur le marché mondial tout en renforçant les capacités de transport et des terminaux GNL ; - poursuivre le remplissage des réserves de gaz tout au long de l’année 2022 ; - réduire la demande de gaz d’environ 15% par État membre en cas d’hiver doux.
Par ailleurs, le rapport épingle des limitations en termes de capacité d’importation dans les pays d’Europe centrale et orientale, ainsi qu’un manque d’infrastructures dans les pays d’Europe du Nord-Ouest et du Sud-Est pour faire face à l’acheminement de gaz supplémentaire de l’Ouest et du Sud vers les pays d’Europe centrale et orientale.
Un arrêt brutal des livraisons russes jugé peu probable par Josep Borrell
Alors que les États membres ont trouvé un accord, mardi, sur une proposition de règlement du Conseil de l’UE visant à réduire leur demande de gaz de 15% au cours des huit prochains mois (EUROPE 13000/1), le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a jugé peu probable le scénario d’une rupture brutale et immédiate de l’approvisionnement en gaz russe de l’UE.
D’après lui, la décision de Moscou dépendra de beaucoup de facteurs, dont « l’évolution de la guerre en Ukraine ».
Voir le rapport : https://aeur.eu/f/2r6 (Damien Genicot)