La Commission européenne a publié, jeudi 28 juillet, son rapport annuel concernant l’indice relatif à l’économie numérique (DESI), qui permet de faire le point sur les progrès réalisés par les États membres dans le domaine du numérique. Si le rapport, qui repose sur quatre piliers, démontre une évolution importante dans plusieurs domaines en 2021, il témoigne surtout de la fracture qui subsiste au sein de l’UE.
Dans le détail, le rapport souligne que seulement 54% des personnes au sein de l’UE possèdent les compétences numériques de base. La Finlande, les Pays-Bas, l’Irlande et la Suède sont les plus avancés en la matière, tandis que la Roumanie et la Bulgarie sont les plus à la traîne.
L’objectif fixé dans le cadre du programme d'action pour la voie à suivre pour la décennie numérique - pour lequel un accord politique interinstitutionnel a été trouvé le 14 juillet dernier (EUROPE 12993/8) - prévoit que 80% des citoyens de l’UE aient ces compétences de base d’ici 2030.
De la même manière, un écart important subsiste entre les zones urbaines et rurales concernant les infrastructures à haut débit. En outre, plus de 90% des foyers sont couverts à Malte, au Luxembourg, au Danemark, en Espagne, en Lettonie, aux Pays-Bas et au Portugal, tandis que seul un ménage grec sur cinq a accès à ces réseaux.
La couverture 5G des zones peuplées, dont le déploiement est lui aussi fragmenté, s’est toutefois largement étendue, passant de 14% en 2020 à 66% en 2021.
Par ailleurs, le recours aux technologies au sein des entreprises démontre lui aussi des écarts importants. Globalement, 55% des PME avaient un niveau de base en 2021. Ce chiffre monte à 86% en Suède et à 82% en Finlande, mais plafonne à 25% en Bulgarie et à 22% en Roumanie. Pour rappel, l’objectif de la Commission est qu’au moins 90% des PME de l’UE aient un niveau élémentaire d'intensité numérique d'ici à 2030.
Enfin, l'Estonie, le Danemark, la Finlande et Malte enregistrent les meilleures notes concernant la numérisation des services publics, qui consiste en la possibilité - ou non - de conclure des démarches clefs en ligne. La Roumanie et la Grèce enregistrent les résultats les plus faibles.
Face à ces écarts, la Commission rappelle que les États membres se sont engagés à consacrer au moins 20% de leur enveloppe nationale, au titre des plans pour la reprise et la résilience, au soutien à la transformation numérique. À ce jour, ceci représente un budget de 127 milliards d'euros, soit 26% de la dotation totale des 25 plans approuvés par le Conseil de l’UE.
Par ailleurs, insiste la Commission, le programme d’action pour la voie à suivre pour la décennie numérique devrait jouer un rôle important via l’élaboration, par la Commission, de trajectoires prévisionnelles au niveau de l'UE, puis de la présentation par les États membres de leurs feuilles de route stratégiques nationales. Celles-ci devront décrire leurs trajectoires nationales et les mesures qu'ils prendront pour les atteindre, notamment les mesures réglementaires et investissements prévus. Puis ces mesures seront évaluées par le DESI.
Voir le rapport : https://aeur.eu/f/2r3 (Thomas Mangin)