Le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, appelle les pays du G20 à la solidarité et au multilatéralisme pour tenter d'endiguer la crise alimentaire mondiale qui se profile, comme il appelle la Russie, qu'il tient pour seule responsable des répercussions sur les pays tiers les plus vulnérables, à mettre fin à la guerre en Uktraine.
« La crise est entièrement due aux actions de la Russie : elle a envahi un grenier du monde et transformé les voies maritimes de la mer Noire en zone de guerre. Il y a une urgence absolue à agir », a-t-il déclaré le 8 juillet à Bali, à la réunion des ministres des Affaires étrangères du G20, dans un discours conforme en tous points à la position des dirigeants européens (EUROPE 12979/3).
Soulignant que 50 millions de tonnes de la prochaine récolte ukrainienne vont s'ajouter aux 20 millions de tonnes toujours bloqués en mer Noire, il a prévenu que « libérer des capacités de stockage devient de plus en plus urgent ».
Et de rappeler que, sur les nombreux pays vulnérables dépendant fortement des céréales et des engrais provenant de Russie et d'Ukraine, « l'Afrique est la région la plus gravement touchée ».
Énonçant les quatre axes d'action de l'UE - « la solidarité » financière ; l'exportation de grains ukrainiens par des voies alternatives, « une solution lente et coûteuse » - ; le soutien au renforcement de la production agricole locale ; « le multilatéralisme » -, il a invité tous les pays du G20 à s'« engager à ancrer la réponse (à la crise alimentaire) dans le système multilatéral et à établir des liens avec le Groupe mondial de réponse aux crises des Nations unies ».
Selon M. Borrell, « une réponse encore plus rapide est entre les mains d'un seul homme : le président Poutine, qui devrait arrêter cette guerre insensée et éviter une calamité alimentaire et énergétique mondiale ». (Aminata Niang)