Les chefs d’État ou de gouvernement des États membres de l’UE ont discuté, dans la nuit du jeudi 23 au vendredi 24 juin, dans le cadre d’un Conseil européen (EUROPE 12978/1), de la proposition française de lancer une communauté politique européenne (CPE) (EUROPE 12972/9).
« Il nous faut bâtir quelque chose où l'on peut coopérer sur le plan de la défense, de la géopolitique, de l'énergie, des infrastructures, des projets de circulation de personnes, des choses très concrètes qui permettent de changer la vie des gens », avait déclaré le président français, Emmanuel Macron, jeudi 23 juin, avant le début des discussions entre les États membres.
Pour rappel, le président français avait esquissé l’idée d’une communauté politique européenne le 9 mai dernier, à Strasbourg. Cette communauté, avait alors suggéré M. Macron, pourrait servir à fixer un cadre pour les relations entre l'Union européenne et des pays non membres situés sur le continent européen, à condition que des valeurs fondamentales communes soient partagées (EUROPE 12948/3).
« Tous les dirigeants ont reconnu l’intérêt d’un cadre où les dirigeants peuvent discuter de certaines questions à l’échelle continentale », a expliqué une source diplomatique à EUROPE. « Le débat d’hier soir a, je crois, permis d’éclairer et de construire un très large consensus autour de cette thématique », a confirmé Emmanuel Macron dans la foulée du Conseil européen.
La CPE pourrait ainsi, d’après les conclusions adoptées par les chefs d’État et de gouvernement des États membres, prendre la forme d’une plateforme de coordination politique pour tous les pays avec lesquels l’UE entretient des « relations étroites ».
« C’est en effet important que l'UE essaye d'entrer en relation avec d'autres pays. Nous avons eu des discussions préliminaires pour voir s'il y a des objections. Tout le monde dit ‘OK’, mais il faudra voir les modalités », a commenté pour sa part le président du Conseil italien, Mario Draghi.
L’objectif serait de favoriser le dialogue politique et la coopération afin de « répondre aux questions d’intérêt commun », précise le document. Ceci permettrait, avancent les conclusions du Conseil, de renforcer la « sécurité, la stabilité et la prospérité » du continent, dans un contexte d’accroissement des tensions géopolitiques et d’invasion de l’Ukraine par la Russie.
« Le résultat de notre discussion pourrait être quelque chose où le cercle qui se réunit au sein de ce Conseil se réunit également avec d'autres chefs de gouvernement d'Europe et discute politiquement - pas nécessairement avec des décisions - sur les questions qui nous concernent en commun », a précisé le chancelier allemand, Olaf Scholz.
Cette communauté ne remplacerait pas les politiques et instruments existants, notamment l’élargissement. Plusieurs dirigeants avaient d’ailleurs insisté sur ce point au cours des discussions.
Une première réunion sur le sujet aura lieu à Prague en octobre prochain, alors que la République tchèque prendra la Présidence du Conseil de l’UE dès le 1er juillet 2022.
Voir les conclusions du Conseil européen: https://aeur.eu/f/2bt (Thomas Mangin)