Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, devait arriver vendredi 24 juin dans la soirée et jusqu’au 25, en Iran « dans le cadre des efforts déployés pour que le plan d'action global conjoint (JCPOA) [sur le contrôle du programme nucléaire iranien, NDLR] soit à nouveau pleinement mis en œuvre », a annoncé le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) dans un communiqué.
Les discussions sont au point mort depuis plusieurs mois, notamment en raison de l’inscription des Gardiens de la Révolution islamique sur la liste terroriste américaine (EUROPE 12921/28).
Le ministère des Affaires étrangères iranien a précisé que la visite s'inscrivait dans le cadre des consultations en cours entre l'Iran et l'UE. « Elle portera sur les relations bilatérales, certaines questions régionales et internationales, ainsi que sur l'évolution des négociations pour la levée des sanctions », a-t-il précisé.
« Le Haut représentant, agissant en sa qualité de coordinateur du JCPOA, tiendra des réunions avec le ministre des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, et d'autres homologues iraniens concernés », a ajouté le SEAE.
Jeudi soir, le négociateur de l’UE, Enrique Mora, avait annoncé avoir dîné à Bruxelles avec M. Borrell et l’émissaire spécial américain pour l'Iran, Robert Malley. « (Nous avons eu une) conversation en profondeur sur le JCPOA et les perspectives régionales au Moyen-Orient. Malley a réaffirmé l'engagement américain de revenir dans l'accord », a-t-il souligné. M. Mora s’était lui-même rendu en Iran à la mi-mai, une visite qui, selon M. Borrell, avait permis de rouvrir les négociations (EUROPE 12952/21).
L’Iran a désactivé début juin des caméras de surveillance de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) (EUROPE 12968/33) alors que l’Agence dénonce une coopération insuffisante de la part de Téhéran. Selon le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, si le blocage persiste, « dans trois ou quatre semaines », l’Agence ne sera plus en mesure de fournir les informations nécessaires au suivi du programme nucléaire, ce qui « porterait un coup fatal » à l’accord. (Camille-Cerise Gessant)