Le Parlement bulgare s’est prononcé, vendredi 24 juin, pour la levée du veto de son pays à l’ouverture des négociations d’adhésion de la Macédoine du nord à l’UE, par 170 voix pour, 37 contre et 21 abstentions. Il a voté sur une proposition française de compromis.
Selon le compromis, la Macédoine du nord doit, entre autres, s'engager à modifier sa Constitution pour inclure les Bulgares dans les groupes ethniques reconnus et à « mettre en œuvre » un traité d'amitié de 2017 visant à éradiquer les discours de haine.
Le texte approuvé par le Parlement précise que « rien dans le processus d'adhésion à l'UE ne saurait être interprété comme une reconnaissance par la Bulgarie de la langue macédonienne ».
La décision devrait être rapidement entérinée par le gouvernement bulgare, qui a été renversé mercredi. Jeudi, le Premier ministre, Kiril Petkov, s’était dit prêt à agir rapidement. Après le vote, il a appelé son homologue macédonien, Dimitar Kovačevski, à accepter le compromis. « Si j'étais lui, je n'y réfléchirais même pas à deux fois. S'il peut entrer dans l'histoire en ouvrant la porte de l'UE à la Macédoine du Nord, je pense que c'est un bon résultat pour un Premier ministre. Mais il faut du cran », a expliqué M. Petkov dans une interview accordée à Politico.
À l’issue du Conseil européen, le président français, Emmanuel Macron, a précisé que le travail technique et les contacts allaient se poursuivre « dans les prochaines heures » pour formaliser un accord dans les prochains jours. « C’est un très bon signal (…) Il y a encore du travail, il ne faut pas crier victoire trop tôt, mais (le vote) est une avancée importante », a souligné M. Macron. Un nouveau compromis pourrait être présenté dans les prochains jours aux ambassadeurs de l’UE pour avoir leur accord.
Le chancelier allemand, Olaf Scholz, s’est montré précautionneux, estimant que la décision bulgare devait être « analysée avec soin ». « Je pense que le Premier ministre est vraiment engagé, qu'il s'efforce de parvenir à un accord. Est-ce que c'est une solution qui peut fonctionner pour la Macédoine du Nord ? On ne peut pas le dire sans avoir analysé le texte en détail, mais, de mon point de vue, nous devons tout faire pour que l'Albanie et la Macédoine du Nord aient très rapidement des conférences d'adhésion », a souligné le chancelier devant les médias.
Pour le Premier ministre italien, Mario Draghi, le vote bulgare est important, car « il débloque la situation pour l’Albanie ». « Au cas où il y aurait de nouveaux obstacles pour la Macédoine du Nord, nous voulons que l'Albanie puisse avancer seule », a-t-il ajouté, alors que l’Italie plaide depuis longtemps pour l’ouverture des négociations d’adhésion avec Tirana.
Jeudi, le Premier ministre macédonien avait critiqué la proposition française, la qualifiant d’« inacceptable » (EUROPE 12978/2). (Camille-Cerise Gessant avec la rédaction)