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Bulletin Quotidien Europe N° 12967
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Avenir de l'ue

En défendant ses valeurs, l'UE restera un phare pour les nations souhaitant la rejoindre, estime Micheál Martin

Prenant l'exemple de son pays bientôt membre de l'Union européenne depuis un demi-siècle, le Taoiseach irlandais, Micheál Martin, a défendu l'appartenance à l'UE en tant que processus de transformation et de renforcement démocratiques, contribuant à l'affirmation de la souveraineté, mercredi 8 juin à Strasbourg. En défendant fièrement les valeurs fondamentales européennes, l'Union constitue « un repère » et représente un espoir pour les peuples situés à nos frontières qui aspirent à la rejoindre, a-t-il indiqué, citant les pays des Balkans occidentaux, l'Ukraine, la Moldavie et la Géorgie.

« Nos traités sont clairs: tout pays européen, qui respecte les valeurs de l'Union et s'engage à les promouvoir, peut déposer une demande d'adhésion à l'Union. (...) Nous devrions soutenir les États qui aspirent à nous rejoindre et entreprennent les réformes et les préparatifs nécessaires et, lorsqu'ils remplissent les critères, nous ne devrions pas placer de nouveaux obstacles sur leur chemin », a ainsi déclaré M. Martin.

C'est la raison pour laquelle le Premier ministre irlandais a « fermement » appuyé la demande de l'Ukraine, espérant qu'il sera possible d'envoyer aux Ukrainiens « un message clair et positif » lors du Conseil européen des 23 et 24 juin.

D'après son homologue italien, Mario Draghi, qui soutient ouvertement l'adhésion de l'Ukraine à l'UE, une telle issue paraît pourtant difficile (EUROPE 12962/5).

Sur l'invasion russe de l'Ukraine, le Taoiseach s'est prononcé pour des sanctions « les plus lourdes possible » visant la Russie, malgré leurs coûts élevés pour les citoyens européens. Il a condamné « l'appropriation illégale de la production agricole ukrainienne, qui a un impact direct sur la sécurité alimentaire mondiale et sur les prix agricoles », surtout en Afrique et au Moyen-Orient. L'Irlande accueille aussi plus de 34 000 Ukrainiens sur son territoire. 

Brexit. Sur les relations post-Brexit entre l'UE et le Royaume-Uni, M. Martin a rappelé l'importance de l'accord du Vendredi saint pour la paix en Irlande du Nord, forgé notamment par l'ancien eurodéputé et prix Nobel de la paix, l'Irlandais John Hume.

« Je ne peux imaginer d'accord plus solennel que celui qui a mis fin à un conflit meurtrier, qui a été ratifié démocratiquement et qui est en vigueur depuis un quart de siècle », a dit le dirigeant irlandais. Cet accord est certes perfectible, a-t-il ajouté, mais, « malheureusement, nous avons été témoins d'efforts de mauvaise foi visant à saper un traité librement conclu » et à « faire surgir de nouvelles difficultés ».

M. Martin a exhorté les autorités britanniques à faire preuve de volonté politique pour résoudre les problèmes concrets, comme cela a été fait sur les prix des médicaments acheminés en Irlande du Nord. Il a mis en garde contre toute initiative unilatérale qui serait profondément dommageable pour toutes les parties.

Après que le Premier ministre, Boris Johnson, a survécu à un vote de défiance au sein de sa famille politique, les autorités britanniques pourraient soumettre une initiative législative visant à s'affranchir des accords UE/Royaume-Uni organisant la relation bilatérale post-Brexit

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a souligné que la renégociation du protocole nord-irlandais est « hors de question ».

Sur l'enjeu climatique, le Taoiseach a plaidé pour une accélération de la décarbonation de l'économie. Il a fait valoir que l'Irlande a légiféré pour se fixer l'objectif contraignant de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 51% d'ici à 2030 par rapport au niveau de 2018.

Réforme institutionnelle. Enfin, sur l'avenir de l'UE, M. Martin a soutenu une ambition accrue dans l'intégration politique européenne. D'après lui, un budget plus important pour l'UE servira notamment à investir dans les compétences, la recherche et les secteurs d'activités critiques. 

Rappelant que l'UE s'est forgée au fur et à mesure des crises qu'elle a affrontées, M. Martin s'est dit « ouvert » à une réforme institutionnelle tout en considérant que l'Union devait d'abord faire son possible à traité européen constant.

Voir le discours de M. Martin : https://aeur.eu/f/1z6 (Mathieu Bion)

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