Le Premier ministre italien, Mario Draghi, a estimé, mardi 31 mai, que l'octroi du statut de pays candidat à l’Ukraine n’avait pas l’approbation des 'grands' États membres de l'Union européenne, hormis le sien.
« Le statut de pays candidat fait l'objet d'une objection de presque tous les grands pays de l'UE, sinon tous, sauf l'Italie », a-t-il expliqué à l’issue du sommet européen. « Aller de l'avant avec le statut de pays candidat au moment présent n'est pas une chose à laquelle on peut s'attendre, en raison de l'opposition de ces pays », a-t-il ajouté.
Selon l'Italien, les concepts d'appartenance à la « famille européenne » développés ces derniers mois l'ont été « pour substituer le statut de pays candidat en adoucissant la pilule ».
Le 9 mai à Strasbourg, le président français, Emmanuel Macron, avait lancé l'idée d'une communauté géopolitique européenne, reprise par le président du Conseil européen (EUROPE 12955/24), regroupant des pays européens tiers partageant les valeurs fondamentales européennes et coopérant dans des projets sectoriels concrets.
Selon la Première ministre estonienne, Kaja Kallas, « l'Ukraine doit obtenir des conditions claires sur la manière de se rapprocher du statut de candidat ». Si son pays soutient la Moldavie et la Géorgie, « ils n'en sont pas encore là », a-t-elle estimé.
La Commission européenne doit publier dans les prochaines semaines ses avis sur les demandes de candidature à l’adhésion à l'UE de l’Ukraine, de la Moldavie et de la Géorgie. Le Conseil européen de juin devrait décider de leur attribuer, ou non, le statut de candidat. (Camille-Cerise Gessant)