login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12962
CONSEIL EUROPÉEN / Ukraine

M. Michel plaide pour une pause dans l’adoption de sanctions

Le président du Conseil européen, Charles Michel, a mis l’accent, mardi 31 mai, sur la mise en œuvre du sixième paquet de sanctions, qui pourrait faire l’objet d’une adoption officielle dans les prochains jours.

« Nous nous concentrons sur la mise en œuvre du sixième paquet de sanctions ; cela n’empêche pas que l’un ou l’autre membre du Conseil européen ait des opinions sur les sujets de sanctions additionnelles, mais nous sommes concentrés sur la mise en œuvre du sixième paquet de sanctions », a-t-il expliqué.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a expliqué que l’UE avait à la fois pris des mesures contre les ressources importantes qui proviennent de l'achat de produits fossiles à la Russie, avec des sanctions contre le pétrole et le charbon ainsi que RepowerEU et que l’UE avait pris des mesures concernant le secteur financier et l’économie russes. « Cela n’exclut pas que nous ayons à combler des lacunes », a-t-elle expliqué.

À son arrivée au Conseil européen, le Premier ministre belge, Alexander de Croo, avait estimé qu’il fallait désormais faire une « pause » et voir quel est l’impact des mesures prises. Même son de cloche pour le Portugais Antonio Costa, qui a déclaré que l'UE ne devait pas discuter de nouvelles sanctions pour le moment.

À l’inverse, pour leur homologue estonienne, Kaja Kallas, l’UE doit déjà réfléchir à des sanctions supplémentaires. « Nous devrons parler d'un septième paquet de sanctions parce que la situation ne s'améliore pas en Ukraine », a-t-elle justifié. « Je pense que le gaz doit figurer dans le septième paquet, mais je suis aussi réaliste - donc je ne pense pas qu'il y sera », a-t-elle ajouté, précisant que la question du gaz était beaucoup plus difficile que le pétrole. « Il est clair que l'embargo sur le gaz ne sera pas un sujet, pas non plus dans le prochain paquet de sanctions. Le pétrole est beaucoup plus facile à compenser », a ajouté le chancelier autrichien, Karl Nehammer.

Orbán et Petkov satisfaits

Dans la nuit de lundi à mardi, les dirigeants européens se sont mis d’accord sur le sixième paquet de sanctions, y compris un embargo sur le pétrole, en deux temps, avec une exemption temporaire pour le pétrole transporté par oléoduc. De quoi satisfaire le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán.

« Nous avons réussi à faire échouer la proposition de la Commission européenne visant à interdire l'utilisation du pétrole russe en Hongrie. Nous avons suffisamment de problèmes sans cela, avec des prix de l'énergie très élevés, une forte inflation et des sanctions qui ont laissé l'Europe au bord d'une crise économique mondiale. Dans ces circonstances, il aurait été insupportable pour nous de devoir faire fonctionner l'économie hongroise avec du pétrole plus cher », a-t-il souligné, ajoutant que l’idée « la plus perverse » d’inclure les oléoducs dans l’embargo « a été évitée ».

Le Premier ministre bulgare, Kiril Petkov, a aussi fait part de sa satisfaction. « Il y aura une clause spéciale avec des dérogations spéciales jusqu'en 2024 », a-t-il expliqué, ajoutant que son pays est le seul avec un accès à la mer et bénéficiant d'exceptions. Selon M. Petkov, le report est nécessaire, car la raffinerie bulgare fonctionne avec du pétrole russe et il faut une adaptation technique pour raffiner une autre qualité de pétrole. « C'est une opportunité pour (...) ne pas avoir une augmentation des prix basée sur des changements dans le mélange », a expliqué le Premier ministre.

M. de Croo a cependant prévenu que des accords « très clairs » avaient été conclus pour garantir que les pays bénéficiant d’une exemption n'auront pas accès à des carburants moins chers que les autres. 

Voir les conclusions du Conseil européen : https://aeur.eu/f/1w1 (Camille-Cerise Gessant avec la rédaction)

Sommaire

CONSEIL EUROPÉEN
Invasion Russe de l'Ukraine
SOCIAL
POLITIQUES SECTORIELLES
INSTITUTIONNEL
ACTION EXTÉRIEURE
BRÈVES