Pour l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA), le glyphosate n'est toujours pas un cancérogène probable. Dans un nouvel avis rendu lundi 30 mai, le comité d'évaluation des risques (RAC) de l'ECHA maintient la classification actuelle du glyphosate comme substance provoquant des lésions oculaires graves et comme substance toxique pour la vie aquatique, mais il conclut de nouveau, après examen des preuves scientifiques, que la classification du glyphosate comme cancérogène n'est pas justifiée.
Le glyphosate, substance active d'un pesticide très controversé, fait l'objet d'un réexamen en vue de son possible renouvellement dans l'UE à l'expiration, le 15 décembre 2022, de la licence actuelle.
L'avis de l'ECHA est conforme aux résultats de l'évaluation préliminaire réalisée par 4 États membres rapporteurs (la France, la Hongrie, les Pays-Bas et la Suède), selon lesquels ce pesticide est sûr (EUROPE 12841/13).
L'avis de l'ECHA sera envoyé à la Commission européenne et à l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) d'ici la mi-août. Rappelons que l'EFSA vient de différer d'un an son avis scientifique final sur la réévaluation du glyphosate (EUROPE 12950/14).
Les ONG préoccupées. Health and Environment Alliance (HEAL), le Bureau européen de l'environnement (BEE) et ClientEarth, qui assistent au RAC en tant qu'observateurs de la société civile, ont aussitôt fait part de leurs « profondes préoccupations ». Selon ces ONG, le fait que le RAC n'ait pas classé le glyphosate comme cancérogène suggère que les arguments importants qui ont présentés par les experts scientifiques indépendants n'ont pas été pris en compte correctement.
« Comme dans l'avis de 2017 sur le potentiel de danger du glyphosate, l'Agence européenne des produits chimiques a une fois de plus rejeté les arguments scientifiques sur la cancérogénicité et la génotoxicité du pesticide apportés par des experts indépendants. Le fait de ne pas reconnaître le potentiel cancérigène du glyphosate est une erreur et doit être considéré comme un grand pas en arrière dans la lutte contre le cancer », a déploré le Dr. Angeliki Lyssimachou, responsable de la politique scientifique chez HEAL. (Aminata Niang)