Le groupe La Gauche au Parlement européen a diversement accueilli l’accord sur des salaires minimaux adéquats dans l'Union européenne (EUROPE 12966/12).
Pour La France insoumise (LFI), les négociateurs du PE et du Conseil s’en sont tenus à un « service minimum », Leïla Chaibi évoquant même un accord « au rabais ».
La délégation française du groupe estime que, « loin de la grande victoire revendiquée par les Macronistes, cette directive ne fixe au final que des obligations de moyen sans conséquence concrète et immédiate pour des millions de travailleurs européens ». Elle critique le fait que l’accord ne « contraint pas les États à introduire un salaire minimum pour tous les travailleurs et travailleuses », « ne fixe aucun seuil contraignant en fonction du salaire médian ou moyen », et permet que « certaines catégories de travailleurs puissent être payés en-dessous du salaire minimum ».
Pour le co-président du groupe La Gauche, l'Allemand Martin Schirdewan, l’accord est un « pas dans la bonne direction » mais ne représente qu' une « goutte dans l’océan ». « Le niveau dans la plupart des États membres, y compris mon pays, est encore en dessous du minimum existentiel. Il ne protège pas de la pauvreté malgré le travail », a-t-il estimé.
L'accord politique provisoire a été présenté le 8 juin aux ambassadeurs des États membres auprès de l'UE (Coreper). Certains pays, dont l’Allemagne et la Suède, ont demandé un délai pour prendre position. L'accord sera soumis au Conseil 'EPSCO' le 16 juin. (Solenn Paulic avec Anne Damiani et Aminata Niang)