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Bulletin Quotidien Europe N° 12960
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SÉCURITÉ - DÉFENSE / DÉfense

La PSDC civile doit se renforcer, selon plusieurs responsables européens

Plusieurs responsables européens, dont le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, ont mis en avant, mardi 24 mai, les défis auxquels font face les missions civiles de politique de sécurité et de défense commune (PSDC) lors de la conférence intitulée « Façonner la PSDC civile pour l'avenir ».

L’UE a actuellement onze missions civiles sur trois continents et un nouveau pacte sur la PSDC civile devrait être adopté sous Présidence suédoise du Conseil de l’UE, d’ici juin 2023.

Sophie Hatt, du ministère de l’Intérieur de la France, qui assure actuellement la Présidence du Conseil de l’UE, a estimé que la révision du pacte serait l’occasion de fixer ensemble un niveau d’ambition en matière de PSDC civile et permettra d’adapter les outils. Selon elle, les missions doivent gagner « en résilience, en robustesse et en flexibilité ». Il faut rendre la PSDC « plus flexible, efficace et réactive et mieux liée aux autres instruments », a confirmé Delphine Pronk, la présidente du Comité politique et de sécurité.

M. Borrell, pour sa part, a mis l’accent sur la nécessité d’avoir un personnel qualifié, expliquant qu’il fallait plus de contribution des États membres en matière de personnel qui ait les compétences, les capacités et l’expérience nécessaires « pour garantir que les missions puissent remplir leurs promesses ». « Le facteur humain fait la différence », a-t-il rappelé.

« Le renforcement des formations au prédéploiement des experts doit être poursuivi, il faut une optimisation de la sélection des candidats et une meilleure adéquation des profils au terrain. Nous devons, dans les États membres, continuer à préparer des experts avec l’ensemble des compétences, y compris linguistiques », a ajouté Mme Hatt. L'UE, par exemple, a fait face à un manque d'experts capables de parler français, pour des déploiements en Afrique.

Au-delà des qualifications, les missions sont confrontées à un manque chronique de personnel. Plusieurs chefs de missions ont dénoncé la situation. « Comment peut-on mettre en place un mandat si on n’a pas le personnel? », s’est notamment interrogé Nataliya Apostolova, chef de la mission EUPOL COPPS. Elle a mis en avant un « énorme problème de recrutement », expliquant qu’environ 25% du personnel n’était pas recruté.

Renforcer la coopération interne

Mme Hatt a également plaidé pour davantage de visibilité des missions moins connues du grand public que les missions civiles et pour une meilleure coordination. « Il faut mieux se coordonner avec les actions et programmes de la Commission européenne, pour éviter la duplication de l’offre », a-t-elle précisé.

Une nécessité également soulignée par des responsables de la PSDC européenne. Pour le directeur de l’approche intégrée pour la sécurité et la paix, Stefano Tomat, le renforcement de la coopération entre le civil et le militaire, mais aussi entre la PSDC civile et la justice et affaires intérieures, les États membres, le Parlement européen et la Commission européenne, est nécessaire.

Les chefs de missions de l’EUAM Ukraine, Antti Hartikainen, et EUBAM Libye, Natalina Cea, ont souligné leur incompréhension quant au fait que leurs missions ne puissent pas mettre en œuvre des projets financés par la Commission dans leur pays. « Ce serait plus efficace, plus rapide (…) Beaucoup plus durable à terme », selon Mme Cea.

M. Hartikainen a en outre appelé à une meilleure communication avec les États membres, souhaitant que la Planification civile et capacité de conduite (CPCC) soit plus stratégique et laisse les questions techniques aux chefs de missions. « On ne peut pas communiquer directement avec les États membres. Si on avait un canal de communication, cela améliorerait peut-être la situation. Nous avons une capacité de réaction très limitée », a-t-il regretté.

Selon le chef de cabinet du Haut Représentant, Pedro Serrano, une des difficultés des missions civiles est leur gouvernance, plus complexe que celle d’une mission militaire. Il a aussi plaidé pour le développement de la CPCC et de la chaîne de commandement, aux niveaux stratégique et opérationnel.

Un manque de moyens

Mais pour atteindre ces objectifs, les Européens devront mettre la main au portefeuille.

En effet, si pour le commandant des opérations civiles de l’UE, Francisco Esteban Perez, « planifier et conduire une mission nécessite une volonté politique et des ressources financières adéquates », M. Tomat a mis en lumière le « gros problème de financement » de la PSDC civile. « Certains veulent limiter le budget alors qu’il faut être ambitieux et courageux et ne pas réduire le budget, mais le ripoliner pour atteindre nos objectifs », a-t-il ajouté.

M. Borrell a estimé qu’il y aurait, à l’avenir, plus de demandes de missions civiles. « On a peu de ressources, on devra choisir où investir, quelle cause défendre et pour quels résultats », a-t-il prévenu.

Le secrétaire général adjoint pour la PSDC et la réaction aux crises, Charles Fries, a prévenu que l’UE était confrontée à un déficit croissant du budget de la Politique étrangère et de sécurité commune (PESC) qui finance les missions de la PSDC. « Le déficit est estimé à environ 67 millions d'euros en mai 2022, ce n'est pas viable », a-t-il mis en garde. Tout en précisant que l’UE allait essayer de faire des économies et d’utiliser au mieux l’argent, M. Fries a expliqué que pour mener à bien les tâches approuvées par les États membres, il fallait une augmentation du budget. (Camille-Cerise Gessant)

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