De retour d’une visite de 4 jours en Ukraine tenue secrète pour des raisons de sécurité, la Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe a qualifié de « vertigineuses » l’étendue et la gravité des violations des droits humains et du droit international qui s’y répètent depuis le début de la guerre.
« Les noms de Boucha, Borodyanka, Irpin ou Andriivka en sont venus à symboliser les actes horribles qui ont été commis ici » par les forces russes, poursuit Dunja Mijatović, « mais malheureusement, leurs résidents ne sont pas les seuls à souffrir, il y a beaucoup de personnes à travers l’Ukraine qui ont subi des atrocités innommables ».
La Commissaire évoque des détentions arbitraires généralisées, des disparitions forcées, des tortures et mauvais traitements infligés à des fonctionnaires locaux, des journalistes, des défenseurs des droits de l’homme et des militants ukrainiens dans les zones nouvellement occupées. Elle précise aussi que les forces russes prennent de plus en plus pour cibles les civils et les journalistes et relève la dénonciation de plus en plus fréquente de cas de violences sexuelles.
Traduire les responsables en justice requiert une documentation adéquate, ce qui nécessitera des efforts soutenus et une étroite coordination afin de préserver les preuves, procéder aux analyses médico-légales et éviter les traumatismes répétés des victimes, précise-t-elle en s’engageant à être aux côtés des autorités ukrainiennes qui ont déjà adopté une loi établissant un cadre juridique de collaboration avec la Cour pénale internationale et publié de premiers actes d’accusation.
Déterminée à poursuivre son travail avec les défenseurs des droits ukrainiens, elle appelle la communauté internationale à assister durablement l’Ukraine dans la « tâche titanesque » qui l’attend. (Véronique Leblanc)